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                     Observatoire des pratiques Policières et Judiciaires 

    

 

 

 

 

L’Internaute de Tours

Tours 37 – mise à jour le 25 janvier 2010

 

« Il faut que la société regarde les choses puisque c’est elle qui les fait » Victor Hugo, Les Misérables


Cliquez sur l’image pour accéder au résumé.

 

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Plaidoyer pour un plaider coupable respectueux des droits du prévenu.

En novembre 2006 l'Internaute est convoqué au commissariat de police pour "diffusion d'une image pornographique mettant en jeu un mineur".

 

Convoqué en avril 2008 pour reconnaissance préalable de culpabilité il refuse de reconnaitre une culpabilité qui n'est pas sienne.

 

16 mois plus tard il est relaxé en correctionnel.

 

Comment peut-on encore, en 2009, demander à une personne de reconnaître une culpabilité sans qu’elle ait eu accès au dossier d’accusation ?

 

AUTOPSIE D’UNE « DELINQUANCE » POLICIERE ET JUDICIAIRE

2. FAUTES DES POLICIERS ET EMBROUILLE DES MAGISTRATS – dans l’antichambre d’une expertise truquée.

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OPOJUS : C’est bien le 07 juin 2006 que tout démarre par l’expédition du fameux PV N° 2954/2006 par Rosny chez le procureur de Tours. Qu’elle est l’étape suivante ?

YCD : C’est là qu’il y a un grand trou noir. Selon les éléments du dossier tel que communiqué à l’Internaute c’est le 23 novembre 2006 que l’enquêteur, le Brigadier Major, agit « conformément aux instructions de Monsieur le Procureur de la République selon l’instruction n° 40082/06 ». Ce sont ses propres termes.

C’est quand même étrange que 6 mois s’écoulent entre l’identification par Rosny et la convocation de l’Internaute sur instructions du Procureur !

YCD : C’est d’autant pus étrange qu’il n’y a rien dans le dossier qui précise qui a transmis l’instruction au Brigadier-Major et quand. La formule « Monsieur le Procureur » est générique et il est tout à fait possible que ce soit le Procureur Adjoint où encore l’un des substituts qui ait pris cette décision. N’oublions pas qu’il existe une chaîne de délégation entre tout Procureur et son Adjoint voire ses substituts. Le procureur Montgolfier l’a fort bien décrite dans sa propre histoire de Nice lors de son jugement de Lyon. Donc qui fait quoi est inconnu au moment même ou le Procureur est déjà actif sur les embryons congelés de l’affaire Courjault.

Et à partir de là tout se déroule très vite, perquisition, recherche d’un expert … ?

YD : C'est le 23 novembre qu'a lieu la perquisition, immédiatement après l’audition de l'Internaute. C'est là pratique courante, toujours immédiatement après l'audition. Les trois disques durs sont saisis et placés sous scellés. La procédure de perquisition est bien documentée par le Brigadier-Major avec les heures de début et de fin de chaque étape. L’internaute aura donc été entre les mains du Brigadier Major entre 8h45 et 10h30 ce matin là. Bien qu’il n’y ait aucune urgence depuis 6 mois l’enquêteur « prend attache » immédiatement avec un substitut le 23 novembre à 10h40, 10 minutes après la fin de la perquisition.

On voit bien qu’il y une sorte de précipitation. Que dit le substitut ?

YCD : Le substitut demande le maintien en liberté de l’Internaute et l’exploitation des disques durs par un expert spécialisé dans le domaine. Sa décision est cohérente avec les faits puisqu'on lui parle d'une image seulement. A 10h45, soit 5 minutes plus tard l’enquêteur entend de nouveau l’Internaute. Il lui dit vouloir le convoquer pour l’ouverture des scellés, parlant même d’un gendarme qui serait en charge de l’expertise. L’Internaute lui précise se tenir à la disposition de la police et n’avoir rien d’autre à ajouter. En disant cela l'Internaute signifie qu'il est disponible notamment pour l'ouverture des scellés. Les règles du Droit veulent que cette ouverture soit contradictoire c'est à dire en présence de l'inculpé.

Donc muni de l’accord du substitut et de la dernière consultation de l’Internaute l’enquêteur doit désormais chercher un expert ?

YCD : C’est ce qu’il fait. Toujours le 23 novembre, à 14h00, il a déjà deux réponses négatives, de deux experts de la police, un qui ne dispose pas du matériel et l’autre pour lequel le matériel n’est pas opérationnel.

Que fait-il ensuite ?

YCD : A 16h00 il recontacte le même substitut qui l’autorise à faire exploiter les disques durs par un expert de la gendarmerie si aucun expert de la police n’est disponible.

L’exploitation peut donc commencer immédiatement ?

YCD : Pas encore. Il faudra attendre le 11 décembre 2006 pour avoir la réponse d’un expert de la gendarmerie.

Donc tout peu commencer fin 2006 ?

YCD : Non, car l’expert précise qu’il ne pourra exploiter les disques que dans le courant du 1er trimestre 2007.

Pourquoi attendre ? Peut être que d’ici à cette date le matériel de l’autre policier aurait été opérationnel ?

YCD : C’est en effet une question à laquelle on n’aura jamais de réponse. Mais il est vrai que tout cela ressemble à une opération qui voudrait faire réaliser l’expertise hors des mûrs du commissariat, loin des policiers.

Enfin le gendarme vient prendre les scellés dans le courant du 1er trimestre ?

YCD : Avant cela il y a une opération étrange à plusieurs titres. Le 15 janvier 2007 le fameux Brigadier-Major demande à un substitut l’autorisation « d’ouvrir les scellés aux fins d’examiner le contenu des trois disques durs » de l’Internaute...

C’est bizarre puisqu’il sait que l'expert de la gendarmerie doit bientôt venir les chercher !

YCD : C’est d’autant plus bizarre que le Brigadier-Major sait que professionnellement il commet une faute. Ouvrir les disques durs dans ces conditions c'est prendre le risque d'altérer les preuves.  Il sait de plus que l’expert va prendre en charge ces scellés sous peu. Il doit aussi savoir que le substitut avec lequel il est en contact n'autorisera pas cette ouverture au moins pour cette raison. C'est vraisemblablement la raison pour laquelle il s’adresse sciemment à un autre Substitut.

Vous voulez dire que l’enquêteur aurait choisi d’obtenir cette autorisation en jouant sur le manque de coordination entre les substituts ?

 YCD : Il est évident que ce choix est fait sciemment. Pour être plus précis je ne vois pas un Brigadier-Major prendre une telle décision seul. Il sait que le fait d’ouvrir les scellés avant que l’expert désigné ne les prenne jettera une suspicion inévitable sur l’expertise. Cela fait partie des risques d’altération des preuves largement débattues par les professionnels de l’expertise judiciaire. Il sait que l’expert doit venir les chercher sous peu. Ce n’est donc pas lui qui a choisi d’obtenir la « couverture » d’un substitut différent de celui qu’il a contacté les deux fois précédentes. Il sait que ce nouveau substitut ne connaît pas le dossier et il sait que celui qu'il a contacté depuis le début est au courant de l’acceptation d’un expert de la gendarmerie. Donc il est certain qu’il a obéi sur ordre, et plus particulièrement sur ordre de son supérieur hiérarchique.

Dans quel but ?        

YCD : Dans le but tout d’abord d’être couvert par un magistrat pour ouvrir les scellés. C'est une faute mais cela devient une «erreur » du magistrat s'il est couvert par un substitut. Couvert par un magistrat tout le monde est mouillé et personne ne dira rien car le magistrat même pris au dépourvu commet « l'erreur ». C'est pour cela que la décision n'a pas pu être prise par le Brigadier-Major seul.

Je comprends bien mais dans quel but ?

YCD : Mouiller les magistrats pour faire en sorte que la procédure aille à son terme. C’est de la manipulation ! C'est ce que Monjardet définit comme le processus qui consiste pour les policiers à transformer une bavure policière en bavure judiciaire. A ce stade là on ne peut pas en dire plus sauf que l'Internaute sait que l'un de ses disques contient des documents qui ne sont pas flatteurs pour un officier du même commissariat. Mais comme la procédure se fait en aveugle pour lui il ne peut qu'attendre la suite des événements pour voir ce qui s'est passé sur ses disques. Il faut se remémorer que tout cela se passe dans l'ombre du commissariat, entre OPJ, entre les policiers et les magistrats.

Donc il y a précipitation le 23 novembre puis de nouveau précipitation en janvier pour obtenir cette autorisation de briser les scellés alors que l’expert est déjà désigné ! Que fait l’expert ?

YCD : Comme il l’a dit en décembre 2006 il vient chercher les scellés pour faire son expertise dans le courant du 1er semestre. Selon le PV des policiers il vient le 15 février précisément.

Ou sont les scellés entre le 15 janvier et le 15 février 2007 ?

YCD : L’histoire ne le dit pas mais on ne peut pas imaginer qu’un enquêteur demande à un substitut de pouvoir ouvrir les scellés et que personne ne les ouvre. Toute cette période est un trou noir. Pendant 1 mois les scellés sont dans les mains de policiers qui n’ont rien d’autre à faire que de les visionner. On voudrait nous faire croire que le Brigadier-Major a passé un mois à les regarder sur une étagère.

Que voulez-vous dire par là ?

YCD: Selon le rapport de l'expert de la gendarmerie celui-ci brise les scellés le 11 mai pour commencer son expertise. Selon lui les disques durs sont scellés. Soit ils n'ont pas été ouverts et à ce moment là pourquoi avoir demandé à les ouvrir, soit ils ont été ouverts et le doute s'installe parce que l'expert cache une faute dont il devient complice sauf s’ils ont été scellés de nouveau.

Ce que vous nous dites est grave et n'est pas sans conséquences sur la suite de l'expertise ?

YCD: Ce cas rejoint les préoccupations actuelles du Ministère de la Justice sur la gestion des scellés. On est dans le domaine de la présomption avec plusieurs éléments en faveur d'une manipulation. Tout d'abord une demande inappropriée d'ouverture des scellés. Ensuite le choix « judicieux » d'un magistrat qui n'a jamais été impliqué dans cette affaire. Avec notre esprit malicieux nous avons noté qu'il s'agissait du substitut qui n’avait pas arrangé le sort des policiers harceleurs de Tours lors de leur jugement en 2005. Pour valider tout cela il faudra attendre l'accès au dossier de l'expert de la gendarmerie en décembre 2008 puis la nouvelle expertise du gendarme en aout 2009 avec le travail d'un expert Privé en juin 2009. Dès la saisie des ses disques durs nous savions qu'en fonction de ce qui se passerait sur les disques des présomptions plus ou moins lourdes pèseraient sur les policiers.

Sans dénoncer qui que ce soit pouvez-vous nous préciser de quoi il s'agissait ?

YCD: Il n'y a là aucun mystère. Une personne de la famille de l'Internaute était dans une procédure de séparation difficile d'avec un officier de police du même commissariat, un Capitaine. Elle avait dû quitter la région mais avait sauvegardé des documents appartenant à son « ex » sur l'ordinateur de l'Internaute. Ces documents n'étaient pas flatteurs et c'est pourquoi on s'attendait à ce qu'un nettoyage ait lieu.

AUTOPSIE D’UNE « DELINQUANCE » POLICIERE ET JUDICIAIRE

(Les prochains chapitres)

 

1. ROSNY MENT !

2. FAUTES DES POLICIERS ET EMBROUILLE DES MAGISTRATS – dans l’antichambre d’une expertise truquée.

3. L’HISTOIRE DE L’INTERNAUTE DE TOURS PASSE AU « PROTOCOLE MONJARDET » : de la première convocation (novembre 2006) à la revue de l’expertise (juillet 2007)

4. LES POLICIERS PASSES AU «  PROTOCOLE MONJARDET » : l’audition de janvier 2008

5. QUAND LABAVURE POLICIERE PREND LE CHEMIN DE LA BAVURE JUDICIAIRE : l’audition en « reconnaissance préalable de culpabilité.

6. ATTENTION DANGER: l'expertise de l'Expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie Nationale de Tours.

7. LE PSYCHIATRE – les leçons d’Outreau

8.  COMMENT UNE BAVURE POLICIERE DEVIENT POUR L’HISTOIRE UNE BAVURE JUDICIAIRE – la comparution en correctionnel de décembre 2008.

9. L’EXPERT DE LA GENDARMERIE EGAL A LUI MEME : l’Expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie oublie les preuves !

10. EXPERTISE VERSION PRIVEE – un expert « au demeurant judiciaire »

11. LA BAVURE JUDICIAIRE CONSOMMEE – le jugement du 07 septembre 2009 dans une conclusion « en tête d’une formulation maladroite ».

12. CE QUI S’EST REELLEMENT PASSE SELON LES ECHANGES DU DOSSIER – la lecture de l’histoire à la « lumière » des archives.

13. ET ENSUITE ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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