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                     Observatoire des pratiques Policières et Judiciaires 

    

 

 

 

 

L’Internaute de Tours

Tours 37 – mise à jour le 19 février 2010

 

« Il faut que la société regarde les choses puisque c’est elle qui les fait » Victor Hugo, Les Misérables       

 

Plaidoyer pour un plaider coupable respectueux des droits du prévenu.

En novembre 2006 l'Internaute est convoqué au commissariat de police pour "diffusion d'une image pornographique mettant en jeu un mineur".

 

Convoqué en avril 2008 pour reconnaissance préalable de culpabilité il refuse de reconnaitre une culpabilité qui n'est pas sienne.

 

16 mois plus tard il est relaxé en correctionnel.

 

Comment peut-on encore, en 2009, demander à une personne de reconnaître une culpabilité sans qu’elle ait eu accès au dossier d’accusation ?
Cliquez sur l’image pour accéder au résumé.

 

 

 

5. QAUND LA BAVURE POLICIERE PREND LE CHEMIN D’UNE BAVURE JUDICIAIRE – la comparution en reconnaissance préalable de culpabilité où « plaidoyer pour le plaider coupable »

Par : Yves Claude Dumas le 19 février 2010

OPOJUS : Ainsi, le 22 avril 2008, c'est la fameuse « reconnaissance préalable de culpabilité ». D'après ce qu’en dit l'Internaute c'est un véritable monologue de la part du Procureur Adjoint ?

YCD : On demandait à l’Internaute de reconnaître une culpabilité, donc le Procureur Adjoint rappelle les faits après s’être assuré qu’il avait en face de lui la bonne personne. Mais ce qui change tout dans cette audition c'est que l'Internaute n'a plus de doute sur la personne qui « manipule » toute cette affaire par le biais du Capitaine et qu'il sait aussi que l'Adjoint est également impliqué dans l’autre affaire familiale.

Vous voulez dire qu'il a découvert que le Procureur Adjoint est aussi impliqué dans l'affaire « familiale » dans laquelle le Capitaine est impliqué lui-même ?

YCD: Tout d'abord il avait été alerté par le proche de sa famille sur le fait que certains magistrats étaient impliqués dans l'autre affaire familiale. Il contacte donc le proche de sa famille et obtient immédiatement les informations sur les implications de l’Adjoint et du Capitaine. Ceci est d’autant plus rapide que l’Adjoint traine depuis début février à instruire une plainte pénale contre l’ami de cet officier.

Donc s'il avait des doutes il en a encore moins en allant à la rencontre de l'Adjoint ?

YCD: Il a le sentiment qu'il a fait le tour du sujet et qu'il sait définitivement qui est derrière tout cela avec une certaine complicité de la part de l’Adjoint.

Donc il est parti pour une séance « OUI où NON » ! Ça ne laisse pas beaucoup d’espace pour s’expliquer ?

YCD: Est-ce que l’Adjoint veut de l’espace ? Comme l’indique l'objet de la convocation, « reconnaissance préalable de culpabilité », vous venez a priori pour reconnaître que vous êtes coupable, pour rien d’autre. On est loin des émissions que l’on voit à la télévision, et encore je ne parle pas des séries, je parle bien des reportages. L’Internaute débarque en connaissant l’accusation qui lui a été présentée en janvier, qui n’a rien à voir avec la prévention initiale, mais sans avoir vu sur quoi elle repose. Le Procureur Adjoint connaît le dossier où du moins doit le connaître. Il ne demande pas à l’Internaute de s’expliquer. Il lui dit en substance vous dites OUI et voilà l’addition (1 mois avec sursis, 3 ans de mise à l’épreuve et 350 Euros). Vous dites NON et c’est la correctionnelle. On n’est pas dans l’explication on n’est presque dans l’intimidation.

Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?

YDC : Quand, en tant qu’accusé, vous êtes dans cette situation et en plus face à ce genre d’individu dont la réputation a franchi les murs du Palais, votre choix est sans appel. Soit vous dites OUI et vous avez la peine qu’il vous propose sur la base de la loi (1 mois avec sursis, 3 ans de mise à l’épreuve et 350 Euros de xx) et c’est la fin d’un certain cauchemar.  Soit vous dites NON et vous partez dans l’inconnu avec toutes les incertitudes sur votre avenir.

Quand vous êtes certains d’être innocent vous devez dire NON ?

YDC : Bien entendu, mais vous savez que vous partez pour au moins une autre année de galère avec le risque qu’il y ait des fuites. Car dans le cas de l'Internaute des fuites ont été organisées même si elles ont stoppées rapidement. En plus il faut avoir le budget pour aller jusqu’au bout. Dans une affaire comme celle là, en fin de procédure, vous en êtes au moins à 15000-20000 Euros de frais directs. Face aux incertitudes des magistrats et face au coût d’une telle affaire il y en a beaucoup qui dises OUI. C’est un peu ce que dit Philippe Houillon dans son livre sur Outreau : « … nombre de victimes n’osent porter plainte. Et si cela se retournait contre moi ? ». Beaucoup n’osent pas dire NON pour les mêmes raisons.

Donc l’Internaute dit NON. Qu’elles sont ses motivations ?

YDC : La première des ses motivations c’est qu’il est convaincu de son innocence. Il est certain d’avoir détruit « La fameuse photo » qu'il a toujours dit avoir captée par mégarde. L’accusation de diffusion a disparue. Elle apparaît comme l’alibi qui a servi à une mise en accusation. Par la suite aucun des PV de la police ne parle plus de cette image. Pour diffuser il faut détenir. Depuis juillet 2007 on lui parle de 57 photos qui seraient pédopornographiques, des photos qu’il n’a jamais vues sur ses disques. On ne lui en a montré que quelques unes et encore en catimini. Il veut comprendre pourquoi on lui propose une telle condamnation qui est une véritable infamie sociale. En plus il sait qu’il aura la garantie d’un prêt financier familial pour couvrir les frais de justice.

Est-ce un point qui l’aura convaincu ?

YDC : 80 pour cent de la population vit plus proche du SMIC que du salaire d’un Procureur de la République, fut-il Adjoint. Avant de partir dans un nouvel épisode que vous chiffrez déjà au minimum à 5000 Euros le jour de votre comparution, vous réfléchissez. Ce qui stoppe beaucoup de nos concitoyens c’est le risque financier face à une justice-loterie. Contrairement à ce que dit l’enquête du CSM cet aspect limite le recours à la justice par les moins munis. Personne ne trouve la justice chère, sauf à partir du moment où vous avez affaire à elle. Sur ce point la lecture de cette enquête est parfaitement scélérate.

L’Adjoint du Procureur ne lui a pas demandé s’il avait quelque chose à ajouter ?

YDC : Non, ça ne semblait pas prévu dans sa démarche. D’ailleurs le terme indique bien la démarche, vous venez reconnaitre que vous êtes coupable préalablement au jugement. Que vous soyez coupable où que vous ne soyez pas coupable, vous finissez en correctionnel. Le fait de reconnaître votre culpabilité préalablement au jugement réduit votre peine. L’Adjoint n’a pas offert d’autre choix. En offrir un c’est prendre le risque de reconnaître ce que dises les preuves. L’Adjoint n’a pas l’air décidé à cette éventualité !

Tout le monde y perd et dans un tel cas les magistrats y perdent un peu plus la face ?

YDC : Bien sûr car au bout du compte si l’accusé est relaxé ça place les magistrats dans une situation ridicule et d’autant plus ridicule qu’il faut justifier le jugement final.

Que conviendrait-il de faire ?

YDC : A un moment ou la loi pénale est en cours de « modernisation » il faudrait prévoir une troisième issue au « Plaider coupable » et en finir avec « OUI où NON ». Tout d’abord le « Plaider coupable » devrait se faire à dossier ouvert c'est-à-dire qu’il faut mettre fin au secret de l’instruction. L’accusé devrait avoir accès à tout le dossier de l’accusation, y compris les enregistrements électroniques, suffisamment tôt avant le plaider coupable pour l’étudier avec son avocat. Si vous êtes accusé vous devez non seulement savoir de quoi mais surtout sur quelles bases.

Dans une telle situation si vous êtes coupable et que vous tentez de plaider non coupable vous prenez un risque énorme !

YCD : Si après avoir eu accès à votre dossier il se confirme que vous êtes coupable où que vous ne pouvez pas prouver votre innocence la sentence est dite et risque même d’être pire. Chacun prend ses risques, les policiers et les magistrats de devoir cesser toutes actions et le prévenu de payer plus cher s’il est coupable.

Est-ce que ce que vous nous dites ne revient pas à préconiser la fin du secret de l’instruction ?

YCD : De toute évidence oui. Que l’instruction se déroule dans un certain secret c’est évident, mais lorsque le dossier d’accusation est disponible il est souhaitable qu’il soit porté à la connaissance du prévenu pour que le plaider coupable se déroule à « dossier ouvert ». Dans le cas de l’Internaute de Tours le dossier était entre les mains du Procureur fin juillet 2007. Dans une situation de fin du secret de l’instruction Il y aurait eu largement la place pour une mise à disposition du dossier au prévenu et à son avocat entre septembre 2007 et janvier 2008, sachant en plus que « la reconnaissance préalable de culpabilité » n’est survenue qu’en avril 2008. Ça éviterait au Parquet de prendre une décision à l’aveugle et de devoir se justifier par une surcharge de travail ou toute autre raison de ce genre.

Ce n’est bien entendu pas le cas aujourd’hui !

YDC : Non seulement ce n’est pas le cas mais en plus vous n’avez accès à votre dossier qu’après que le Procureur a déjà entériné l’accusation. Donc le prévenu part nécessairement  dans un procès long, qui mobilise des ressources humaines et qui est coûteux.

Et de plus c’est dans cette période que la prévention a été changée encore une fois ?

YCD : C’est dans cette période que la prévention est passée de « captation » à « détention et tentative de détention », ce qui laisse à penser que le temps et l’impunité ont autorisés de nouvelles manipulations.

Donc vous préconisez un « Plaider coupable » avec accès total au dossier en même temps que la transmission au Parquet.

YDC : Chacun prendrait ainsi ses risques. Dns le cas de l’Internaute ça aurait évité au Procureur Adjoint d’arriver de toute évidence sans connaître le dossier. Ça aurait permis à l’Internaute de découvrir le fameux tableau avec les photos datées du 15 juin 2007, soit 8 mois après la saisie de ses disques durs. Ça aurait permis à chacun de décider en toute connaissance de cause soit de stopper ici et de décider « un rappel à la loi » par exemple, soit de poursuivre en correctionnel. Il serait également possible aux magistrats de demander un complément d’experise. Mais il devrait également être possible au prévenu de faire faire sa propre expertise des preuves qui ont été réunies. Dans cette affaire ça aurait permis d’éviter de ridiculiser des magistrats qui à l’audience se devaient de soutenir l’accusation montée par leurs collègues.

C’est bien là le drame ?

YDC : Oui, c’est en partie là le drame et c’est là que commence la dénégation entre autre chose. C’est là que l’on voit tous les vices du système.

AUTOPSIE D’UNE « DELINQUANCE » POLICIERE ET JUDICIAIRE

(Les prochains chapitres)

 

1. ROSNY MENT !

2. FAUTES DES POLICIERS ET EMBROUILLE DES MAGISTRATS – dans l’antichambre d’une expertise

3. L’HISTOIRE DE L’INTERNAUTE DE TOURS PASSE AU « PROTOCOLE MONJARDET » : de la première convocation (novembre 2006) à la revue de l’expertise (juillet 2007)

4. LES POLICIERS PASSES AU «  PROTOCOLE MONJARDET » : l’audition de janvier 2008

5. QUAND LABAVURE POLICIERE PREND LE CHEMIN DE LA BAVURE JUDICIAIRE : l’audition en « reconnaissance préalable de culpabilité.

6. ATTENTION DANGER: l'expertise de l'Expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie Nationale de Tours.

7. LE PSYCHIATRE – les leçons d’Outreau

8.  COMMENT UNE BAVURE POLICIERE DEVIENT POUR L’HISTOIRE UNE BAVURE JUDICIAIRE – la comparution en correctionnel de décembre 2008.

9. L’EXPERT DE LA GENDARMERIE EGAL A LUI MEME : l’Expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie oublie les preuves !

10. EXPERTISE VERSION PRIVEE – un expert « au demeurant judiciaire »

11. LA BAVURE JUDICIAIRE CONSOMMEE – le jugement du 07 septembre 2009 dans une conclusion « en tête d’une formulation maladroite ».

12. CE QUI S’EST REELLEMENT PASSE SELON LES ECHANGES DU DOSSIER – la lecture de l’histoire à la « lumière » des archives.

13. ET ENSUITE ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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