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                     Observatoire des pratiques Policières et Judiciaires 

    

 

 

 

 

L’Internaute de Tours

Tours 37 – mise à jour le 09 février 2010

 

« Il faut que la société regarde les choses puisque c’est elle qui les fait » Victor Hugo, Les Misérables       

 

Plaidoyer pour un plaider coupable respectueux des droits du prévenu.

En novembre 2006 l'Internaute est convoqué au commissariat de police pour "diffusion d'une image pornographique mettant en jeu un mineur".

 

Convoqué en avril 2008 pour reconnaissance préalable de culpabilité il refuse de reconnaitre une culpabilité qui n'est pas sienne.

 

16 mois plus tard il est relaxé en correctionnel.

 

Comment peut-on encore, en 2009, demander à une personne de reconnaître une culpabilité sans qu’elle ait eu accès au dossier d’accusation ?
Cliquez sur l’image pour accéder au résumé.

 

 

 

4. LES POLICIERS PASSES AU « PROTOCOLE MONJARDET » – l’audition de janvier 2008

Par : Yves Claude Dumas le 09 février 2010

OPOJUS : L’Internaute est donc convoqué pour audition le 15 janvier 2008. On sait maintenant que l'accusation transmise au Procureur par le Commissaire Principal est « captation de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique le 07 juin 2006 ». Que reprend la convocation ?

YCD : il faut bien garder à l’esprit que l’Internaute ne connaît qu’une prévention, la diffusion, rien d’autre ne lui a été signifié. Vous pouvez imaginer sa surprise lorsqu’il découvre qu’il est convoqué pour avoir « commis ou tenté de commettre l'infraction

de détention de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique en ayant  téléchargé plus d'une centaine d'images pédopornographiques sur divers supports pat internet ».

Compte tenu que le Brigadier-Major ne lui a plus parlé de la photo du 07 juin 2006 et que les 144 photos « pourraient être » il ne s'attendait pas à une telle convocation même si 57 étaient décrites « pthc » et « pedo ». Surtout qu’il clamait depuis le début qu’il n’avait jamais vu ces photos.

Comment la prévention de « captation » qui résulte de l'examen du dossier par le Commissaire Principal et qui est transmise comme telle au Procureur a-t-elle pu être changée de nouveau ?

YCD: On ne peut pas le savoir. Ce qui ne fait pas de doute par contre c’est que la conclusion du Commissaire Principal est inévitablement basée sur la lecture du rapport de l’Expert de la Gendarmerie Nationale. Selon les pratiques en vigueur dans les commissariats c’est de toute évidence l’Enquêteur qui a rédigé la prévention qui part chez le Procureur. Ce qui ne fait pas de doute non plus c’est que la convocation que reçoit l’Internaute étant signée par le Procureur en personne on peut affirmer qu'il a été informé d’une façon où d’une autre du changement final de la « prévention ». Il l’a signée au même titre que le Commissaire Principal a signé le Compte rendu d’enquête. Ils sont coresponsables de ce qui va suivre même s’ils ne sont pas coupables ce qui va se passer.

A quoi bon consulter un Policier si c’est pour ne pas tenir compte de ses conclusions ?

YCD : Cette consultation n’est pas contraignante pour le magistrat. Ce qui montre que le magistrat qui a formulé la « prévention » qui sera présentée à l’Internaute en janvier ne l’a pas formulée sans arrière pensée. Non seulement il ne tient pas compte des conclusions signées par le Commissaire Principal mais en plus il modifie la prévention sans tenir compte des preuves qu’il a sous les yeux, la date du 15 juin 2007 qui colle à toutes les photos en annexe 1 du rapport d’experise.

Et ce jour là que l'Internaute découvre un nouveau venu dans son affaire, le supérieur hiérarchique du Brigadier Major, le fameux Capitaine !

YCD : Lorsqu'il reçoit la convocation il est tout d’abord surpris de ne plus retrouver le nom du Brigadier-Major. La convocation est envoyée par une nouvelle personne et contresignée par un Capitaine qui de toute évidence ne peut qu’être le supérieur hiérarchique du Brigadier-Major. Comme il avait été alerté par un proche de sa famille sur un risque de « magouille » montée contre lui au sein du commissariat il est très vigilant. Il l’est d’autant plus que les « indices » de magouille s’accumulent.

Donc il arrive au commissariat et découvre tout ce « petit » monde ?

YCD : Il est tout d'abord surpris d'être reçu par le Brigadier-Major qui refait surface. A l'invitation de celui-ci il rentre dans le bureau et constate qu'une personne se glisse subrepticement sur ses talons. Il est un peu intrigué, sans plus. Le nouveau venu s'installe sans précautions particulières et consulte des archives tout en prêtant l'oreille à ce qui se dit.

Il est intrigué !

YCD: Il est surpris. Le Brigadier-Major commence par lui expliquer en quoi va consister la prochaine étape, la « reconnaissance préalable de culpabilité ». Il ajoute qu'il est toujours préférable de dire oui car ça évite la difficile comparution en correctionnel. Là l'Internaute commence à être intrigué. Il s’aperçoit que le Brigadier-Major mesure chaque mot qu'il prononce et que l’intrus, toujours versé dans les archives, est très attentif aux propos de celui-ci. Il a vraiment l’impression que le Brigadier-Major répète un scenario, une leçon. Alors que le Brigadier-Major lui dit qu’il serait préférable qu’il ne demande pas à récupérer ses disques durs car s'il était repris pour récidive il en prendrait pour 3 ans fermes, le Capitaine archiviste le reprend et précise qu’avec la nouvelle loi se sera 5 ans. A ce moment là il n’a plus de doute sur les raisons de la présence du Capitaine. Ce Capitaine surveillait chaque mot du Brigadier-Major.

C’est faire pression sur la personne !

YCD : Pendant cette « convocation » il y a pression sur deux personnes. Tout d'abord sur le Brigadier-Major. Celui-ci sait que la « prévention » ne tient pas, que les 144 photos ne sont pas compatibles avec l'accusation. Il sait que le Commissaire Principal a transmis la « prévention » de « captation d'une image » au Procureur, prévention qu’il a rédigé. Il sait qu'il a été écarté par son supérieur hiérarchique mais qu'il est de retour et qu’il doit réciter la leçon. Donc il sait parfaitement qu'il est sous la surveillance directe de son supérieur qui s'est glissé sur les talons de l'Internaute.

Il y a aussi pression sur l'Internaute ?

YCD: C'est un autre moyen de pression soulevé par Monjardet, pression et intimidation du prévenu. La pression sur l'Internaute est opérée par le Brigadier-Major sous contrôle du Capitaine. Ça fait partie de la leçon qu’il doit réciter. La pression est évidente lorsqu'il lui dit qu'il va en « reconnaissance préalable de culpabilité » et que pour éviter l'épisode douloureux de la correctionnelle il serait préférable qu'il dise oui. Ensuite lorsqu'il lui signifie qu'il est préférable qu'il ne cherche pas à récupérer ses disques durs car s'il était repris il en prendrait pour 3 ans. Pour quelqu'un qui sait que la prévention ne tient pas et que les 144 photos sont nulles et non avenues soit il faut une dose de détermination à nuire soit il faut être sous « contrainte » à le dire. C'est cette dernière situation que l'Internaute privilégie sur le moment, en attendant d'en savoir plus sur la Capitaine.

Qu’est ce que vous voulez dire par là ?

YCD : Dans la mesure où lui sait qu’il n’a rien commis d’illégal, qu’il n’a jamais vu ces photos et qu'en juillet 2007 on ne lui parle plus de la prévention de « diffusion » il prend immédiatement ces recommandations comme une mise en garde à vouloir connaître la vérité, comme une mesure d’intimidation. Comme en plus il s’aperçoit que toute cette audition se présente comme un moyen de pression puérile en présence d’un tiers il n’a plus que des doutes sur l’objectif de celle-ci. Enfin, comme il a été alerté depuis un an sur le fait que cette histoire peut être liée à un conflit « familial », la présence du Capitaine le rend circonspect et accentue ses doutes. Il n’attend qu’une chose; être dehors pour vérifier si cet intrus archiviste est bien le lien entre les deux affaires.

Et c’est ce qu’il fait aussitôt sorti ?

YCD : Dès sa sortie du commissariat.  Il contacte le proche de sa famille qui détient les informations sur l’autre affaire en cours au niveau du même TGI. Immédiatement il découvre que le Capitaine archive, le supérieur hiérarchique du Brigadier Major, est bien l’ami du policier en conflit avec sa famille. Il reçoit immédiatement, en retour, la copie des témoignages que celui-ci a fait en faveur de son collègue ainsi que la copie d'une intimidation que cet ami du Capitaine avait proféré le 1er novembre 2006: « de toute façon il y aura bientôt quelqu'un de ta famille qui sera en prison! ».  C’était étonnant de recevoir ce genre d’intimidation 22 jours avant d’être convoqué par le Brigadier-Major. Pour l'Internaute tout se recoupait facilement même si ce n'étaient que des présomptions.

Que fait l'Internaute de ces informations ?

YCD : Cela le conforte dans l’idée qu’il a, depuis le début, que cette affaire est montée de toute pièce. Maintenant il peut mettre un nom sur la personne qui œuvre en coulisses, l’autre Capitaine.  Enfin il se décide à porter plainte contre le supérieur hiérarchique du Brigadier-Major qui, connaissant les liens entre lui et son collègue, aurait dû pour le moins se tenir à l’écart de cette affaire.

N’était-ce pas voué à l’échec par avance ?

YCD : A court terme, certainement. A moyen et long terme c’était la seule chose qu’il avait à faire. En fonction de la réponse du Procureur il obtiendrait gain de cause immédiatement et tout pourrait être revu où bien il confondrait le magistrat dans la manipulation dont il fait l’objet. Quand vous savez que de toute façon vous faites l’objet d’une accusation sur la base d’un dossier que vous n’avez jamais vu et qu’en conséquence vous êtes sur le chemin de la correctionnelle, il faut prendre date ! Il a également veillé à ce que le Directeur Général de la Police Nationale informé en personne, dans les mêmes termes, juste pour prendre date. Après un contact téléphonique avec le Secrétaire Général de l'IGPN il sait que le courrier au DGPN ira directement au classement.

Quelle a été la réponse du Procureur ?

YCD : L'illustration d'un autre point du « protocole » Monjardet. Le Procureur de la République classe dans des termes choisis : « (ce policier) n'ayant pris aucune initiative particulière dans votre affaire il ne saurait lui être imputé une quelconque dénonciation calomnieuse. Je procède donc au classement sans suite pur et simple de votre plainte ».

C’est une réponse intéressante à plusieurs titres !

YCD : A plusieurs titres. Il répond à l'Internaute sous 30 jours calendaires. Ceci suggère la volonté de couvrir la faute. Ce n'est pas en 30 jours qu'une enquête comme celle-ci peut être conduite ! Le Procureur ne récuse pas le fait que ce policier soit au courant des liens qui unissent son collègue et l’Internaute. Les preuves fournies sont évidentes, il ne pouvait pas les nier. Ensuite, si pour le Procureur il est évident que ce policier n’a pris aucune initiative, il est néanmoins évident qu’il n’a pas pu faire autrement que d’aider voire guider le Brigadier-Major. La preuve en est sa présence en janvier 2008 lors de l’audition de l’Internaute. Le procureur ne le sait pas, rien ne l'indique dans le PV d'audition. Enfin on peut s’interroger sur le rôle que le Capitaine a pu jouer dans la conversion de l’accusation adressée par la Commissaire Principal au Procureur (« captation d’une image ») en « détention ou intention de détenir ».

La réponse à cette question n’est pas évidente ?

YCD : Elle est en partie fournie par la présence du Capitaine dans le bureau du Brigadier-Major ce 15 janvier. Il sait lui aussi que la « prévention » a été requalifiée en « captation ». Il sait qui l'a requalifiée en « détention et tentative de détention ». Par sa présence aux côtés du Brigadier-Major, le Capitaine veut s'assurer que la requalification en « détention où tentative de détention » sera bien communiquée sans plus à l'Internaute. Il est évident qu'il a joué un rôle dans la reconversion de la « prévention » avec l'aide de magistrats et très probablement avec le Procureur Adjoint

De toute façon l’Internaute sait qu'il part en reconnaissance préalable de culpabilité !

YCD : Il n'a aucun doute, mais avec un peu plus de pression et une bonne dose d’intimidation ! Il sait qu’il va devoir attendre encore quelques mois avant de savoir ce qui s’est tramé dans son dos tant au niveau des policiers que des magistrats.

AUTOPSIE D’UNE « DELINQUANCE » POLICIERE ET JUDICIAIRE

(Les prochains chapitres)

 

1. ROSNY MENT !

2. FAUTES DES POLICIERS ET EMBROUILLE DES MAGISTRATS – dans l’antichambre d’une expertise

3. L’HISTOIRE DE L’INTERNAUTE DE TOURS PASSE AU « PROTOCOLE MONJARDET » : de la première convocation (novembre 2006) à la revue de l’expertise (juillet 2007)

4. LES POLICIERS PASSES AU «  PROTOCOLE MONJARDET » : l’audition de janvier 2008

5. QUAND LABAVURE POLICIERE PREND LE CHEMIN DE LA BAVURE JUDICIAIRE : l’audition en « reconnaissance préalable de culpabilité.

6. ATTENTION DANGER: l'expertise de l'Expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie Nationale de Tours.

7. LE PSYCHIATRE – les leçons d’Outreau

8.  COMMENT UNE BAVURE POLICIERE DEVIENT POUR L’HISTOIRE UNE BAVURE JUDICIAIRE – la comparution en correctionnel de décembre 2008.

9. L’EXPERT DE LA GENDARMERIE EGAL A LUI MEME : l’Expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie oublie les preuves !

10. EXPERTISE VERSION PRIVEE – un expert « au demeurant judiciaire »

11. LA BAVURE JUDICIAIRE CONSOMMEE – le jugement du 07 septembre 2009 dans une conclusion « en tête d’une formulation maladroite ».

12. CE QUI S’EST REELLEMENT PASSE SELON LES ECHANGES DU DOSSIER – la lecture de l’histoire à la « lumière » des archives.

13. ET ENSUITE ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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