opojus.com

                     Observatoire des pratiques Policières et Judiciaires 

    

 

 

 

 

L’Internaute de Tours

Tours 37 – mise à jour le 21 décembre 2009

 

« Il faut que la société regarde les choses puisque c’est elle qui les fait » Victor Hugo, Les Misérables       


Cliquez sur l’image pour accéder au résumé.

 

 

AUTOPSIE D’UNE « DELINQUANCE » POLICIERE ET JUDICIAIRE

1. ROSNY MENT !

OPOJUS : Cette histoire de l’Internaute de Tours aura duré 3 ans. Vous avez suivi cette histoire presque au jour le jour ?

Yves Claude Dumas (YCD): Oui, presque au jour le jour, depuis fin 2006 jusqu'au jugement correctionnel de septembre 2009. J'ai pris des notes avant et après chaque convocation de l'Internaute et j'ai eu accès aux pièces du dossier.

Comment est-ce que tout cela a commencé ?

YCD: Toute cette histoire commence par une alerte du pôle de cybercriminalité de Rosny, le 07 juin 2006. Un adjudant de gendarmerie du centre de Rosny identifie l'Internaute sur le Net, au moment ou circule une nouvelle image nouvelle pédopornographique selon sa note. C’est comme cela que le cyber-gendarme crée le début de cette histoire. Il identifie l'ordinateur de l'Internaute qui est connecté sur eMULE à ce moment là, à

partir de son adresse IP (coordonnée Internet) dont il obtient confirmation par son fournisseur d'accès. Il communique le bordereau de notification au Procureur de Tours, le 07 juin 2006 (PV N° 2954/2006), toujours selon les pièces.

 Est-ce au Procureur ou est-ce à la Police ?

 YCD: C'est au Procureur, comme semble t-il le veut la procédure et comme cela est mentionné dans le PV de Rosny. Dans son article du 08 septembre 2009, juste après le jugement en correctionnel, Caroline Devos de la Nouvelle République de Centre Ouest déclare que c'est à la Police, mais c'est par manque de connaissance.

Si l'on se fie aux déclarations de Rosny une telle transmission n’aurait pas dû avoir lieu tant que l'équipe de cybercriminalité n'avait pas vérifié qu'elle avait affaire à un cybercriminel ? C’est du moins ce que les responsables de Rosny disent en public ?

YCD: Les responsables de Rosny clament sur les ondes et sur les téléviseurs qu'avant d'alerter le réseau judiciaire et policier local ils s'assurent qu'il s'agit bien d'une personne qui n'est pas allée par hasard sur un site, pour voir, voire encore qu'il ne s'agit pas d’une personne qui revient, qui charge des photos où en diffusent etc... Ils déclarent même que toutes ces précautions sont nécessaires pour ne pas nuire au présumé coupable aussi longtemps qu’il n’y a pas de certitude.

Dans le cas de l'Internaute il n'y avait rien d'autre que cette photo ?

YCD: La notification de Rosny est claire, il n'y avait que cette photo dans la notification. Et Rosny stipule en plus « diffusion » d’une photo, de cette fameuse et unique photo.

Diffusion sous eMULE, c'est étrange ?

YCD: Sous eMULE, dans un réseau Point à Point, c'est fort d'identifier qui diffuse quoi. Remarquez que le cyber-gendarme ne notifie pas s'il a signalé d'autres personnes. Dans sa fiche il signale avoir vu l'image en relation avec l'ordinateur de l'Internaute pendant 55 secondes. 55 secondes de téléchargement ou 55 secondes avant la destruction de l’image ? Personne ne sait !

Donc tout commence de façon étrange ?

YCD: D'une façon générale et plus particulièrement dans cette affaire qui aurait pu rester banale, c'est la question de la confidentialité de ce genre d'information qui pose problème. Ça rejoint la question des enregistrements de surveillance sur la voie publique ou encore plus largement du secret de l'instruction. N’importe qui peut diffuser des informations confidentielles sans respecter les moindres règles. Personne ne dit rien. Aussi longtemps qu'il n'y aura pas de peines pénales sévères à l'encontre de ceux qui violent la confidentialité de ce genre d'information tous les coups seront et resteront permis. Et quand je parle de peine c’est aussi valable pour le simple quidam que pour un policier ou un gendarme voire un magistrat. Ce qui est dangereux avec Rosny, dans le cas de l’Internaute, c’est que si vous n’êtes pas vigilant vous finissez au banc de la société sans comprendre pourquoi.

Donc le coup est bien parti de Rosny ?

YCD: Il part de Rosny et arrive sur le bureau du Procureur qui, à l'époque, vient juste d’arriver sur Tours. Il est personnellement en charge des embryons congelés de l’affaire Courjault. Vous pouvez imaginer le temps qu’il a du consacrer à cette fiche qui arrive de Rosny ce 07 juin 2006. Il doit donc laisser cette « petite » affaire aux bons soins de son Adjoint où encore d'un Substitut. Il faut bien noter que le signalement de Rosny est daté du 07 juin 2006 et la convocation de l’Internaute a lieu le 23 novembre 2006. Il est donc même possible que le message de Rosny soit resté sur le coin de son bureau jusqu’en octobre 2006 selon nos sources.

C'est à partir de novembre 2006 que tout s'emballe ?

YCD: A partir du 23 novembre précisément !

AUTOPSIE D’UNE « DELINQUANCE » POLICIERE ET JUDICIAIRE

(Les prochains chapitres)

 

1. ROSNY MENT !

2. FAUTES DES POLICIERS ET EMBROUILLE DES MAGISTRATS – dans l’antichambre d’une expertise

3. L’HISTOIRE DE L’INTERNAUTE DE TOURS PASSE AU « PROTOCOLE MONJARDET » : de la première convocation (novembre 2006) à la revue de l’expertise (juillet 2007)

4. LES POLICIERS PASSES AU «  PROTOCOLE MONJARDET » : l’audition de janvier 2008

5. QUAND LABAVURE POLICIERE PREND LE CHEMIN DE LA BAVURE JUDICIAIRE : l’audition en « reconnaissance préalable de culpabilité.

6. ATTENTION DANGER: l'expertise de l'Expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie Nationale de Tours.

7. LE PSYCHIATRE – les leçons d’Outreau

8.  COMMENT UNE BAVURE POLICIERE DEVIENT POUR L’HISTOIRE UNE BAVURE JUDICIAIRE – la comparution en correctionnel de décembre 2008.

9. L’EXPERT DE LA GENDARMERIE EGAL A LUI MEME : l’Expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie oublie les preuves !

10. EXPERTISE VERSION PRIVEE – un expert « au demeurant judiciaire »

11. LA BAVURE JUDICIAIRE CONSOMMEE – le jugement du 07 septembre 2009 dans une conclusion « en tête d’une formulation maladroite ».

12. CE QUI S’EST REELLEMENT PASSE SELON LES ECHANGES DU DOSSIER – la lecture de l’histoire à la « lumière » des archives.

13. ET ENSUITE ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous droits réservés - Opojus.com

 

 

Plaidoyer pour un plaider coupable respectueux des droits du prévenu.

En novembre 2006 l'Internaute est convoqué au commissariat de police pour "diffusion d'une image pornographique mettant en jeu un mineur".

 

Convoqué en avril 2008 pour reconnaissance préalable de culpabilité il refuse de reconnaitre une culpabilité qui n'est pas sienne.

 

16 mois plus tard il est relaxé en correctionnel.

 

Comment peut-on encore, en 2009, demander à une personne de reconnaître une culpabilité sans qu’elle ait eu accès au dossier d’accusation ?