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Violeurs et maintenant menteurs !
Par Michel
Engelmann le 05 novembre 2010
Le policier violeur devenait une espèce en
voie de développement et maintenant voici le policier menteur. Ces
policiers mettaient à mal la célèbre envolée de Maître Boualem Benjador du barreau
de Tours qui s’était exclamé dans une autre affaire : « un policier ne ment pas, il connait le
loi et la respecte ! »
Le 9 septembre dernier, au cœur de la cité
des 3000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un policier est accidentellement
renversé par un véhicule. Le blessé et six collègues rédigent un
procès-verbal accusant Hocine M., l’homme qu’ils pourchassaient, au
volant d’une Twingo volée.
L’homme avait été frappé par trois
policiers au cours de son interpellation.
Il ressortait rapidement que le PV était un
faux. Un policier avait été accidentellement renversé par un autre
véhicule de police banalisé à l’issue d’une course-poursuite avec un
automobiliste qu’ils poursuivaient.
Les sept collègues s’étaient mis d’accord pour rédiger un faux
procès-verbal accusant leur victime qu’ils pourchassaient, au volant
d’une Twingo volée.
Une enquête confiée à l’inspection générale
des services (IGS) aboutissait au placement sous contrôle judiciaire des
sept policiers le 15 septembre dernier.
Les explications délivrées à la cour du TGI
de Bobigny le 04 novembre font froid dans le dos :
-
Pourquoi avez-vous menti
? demandait la présidente,
- Le mot d’ordre a été de donner cette
version-là. Il était convenu de dire que c’était le conducteur de la
Twingo qui avait heurté le collègue… , répondait un policier,
- Je voulais faire comme tout le monde
et dire ça, confirmait son voisin,
- Lorsque je suis descendu pour
interpeller l’individu, je me suis retrouvé coincé entre la Twingo et la
voiture banalisée qui arrivait dans ma direction, raconte ensuite le
policier blessé.
Touché à la jambe droite, il s’était
réfugié dans une voiture. C’est à ce moment-là qu’un de ses collègues lui
a demandé de livrer cette version mensongère.
- Qui était-ce ? , demandait la
présidente,
- Je ne l’ai pas vu, j’avais les mains
sur la tête, j’ai seulement entendu sa voix…
Les occupants de la voiture banalisée, eux,
se montrent bien moins catégoriques :
- Je pensais avoir touché le véhicule
pourchassé… Je n’ai pas eu conscience d’avoir heurté mon collègue,
indiquait le conducteur.
Ses coéquipiers abondent dans son sens.
L’un est formel :
- C’est la Twingo qui a heurté le
collègue.
Face à ces incohérences, l’un des
assesseurs hausse le ton.
- Vous êtes des fonctionnaires de police
et ce qui se passe à cette audience est très grave !
S’adressant au conducteur de la voiture
banalisée, elle demande, étonnée :
- Vous n’avez pas cherché à savoir si
vous aviez heurté votre collègue ?
- J’étais tout seul de mon côté et je
n’ai parlé à personne, répondait-il.
Son collègue réitère qu’il était « logique
» pour lui que son collègue ait été blessé par la Twingo.
La juge :
- On comprend mal pourquoi vos collègues
se seraient mis dans de si sales draps pour vous… »
Soudain, l’un des policiers craque :
- C’est toi qui m’a
dit de rédiger le faux ! T’es venu et tu m’as dit : “On met ça !”,
tourné vers son collègue qui venait de parler de logique,
Son collègue pointe du doigt ne cille pas.
Des « ah » d’étonnement se font entendre dans la salle.
Le procureur Milon requérait de trois à six
mois de prison avec sursis. Il insistait sur « l’impact de cette affaire,
qui remettait en cause la crédibilité de la police et de la justice ». Et
d’ajouter :
- Ça m’est désagréable de faire des
réquisitions contre des fonctionnaires de police […] Je demande qu’aucun
autre PV ne puisse être rédigé par eux car on ne pourra plus s’appuyer
sur leurs déclarations.
Comme d’habitude le public se serrait sur
les bancs de la petite salle du tribunal correctionnel de Bobigny.
D’autres personnes se massaient, debout, à l’entrée. Les collègues des
policiers, venus faisaient masse pour « soutenir » leurs sept collègues
qui comparaissaient pour « dénonciation calomnieuse » et « faux en écriture
publique » pour avoir rédigé ou signé de faux procès-verbaux occupaient
les places principales pour manifester leur soutien aux leurs.
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