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L’Affaire Mérriaud

L’Internaute de Tours

Tours 37 – mise à jour le 05 novembre 2010

 

« Il faut que la société regarde les choses puisque c’est elle qui les fait » Victor Hugo, Les Misérables

Lu pour vous

 

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Violeurs et maintenant menteurs !

Par Michel Engelmann le 05 novembre 2010

Le policier violeur devenait une espèce en voie de développement et maintenant voici le policier menteur. Ces policiers mettaient à mal la célèbre envolée de Maître Boualem Benjador du barreau de Tours qui s’était exclamé dans une autre affaire : « un policier ne ment pas, il connait le loi et la respecte ! »

Le 9 septembre dernier, au cœur de la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un policier est accidentellement renversé par un véhicule. Le blessé et six collègues rédigent un procès-verbal accusant Hocine M., l’homme qu’ils pourchassaient, au volant d’une Twingo volée.

L’homme avait été frappé par trois policiers au cours de son interpellation.

Il ressortait rapidement que le PV était un faux. Un policier avait été accidentellement renversé par un autre véhicule de police banalisé à l’issue d’une course-poursuite avec un automobiliste qu’ils poursuivaient.  Les sept collègues s’étaient mis d’accord pour rédiger un faux procès-verbal accusant leur victime qu’ils pourchassaient, au volant d’une Twingo volée.

Une enquête confiée à l’inspection générale des services (IGS) aboutissait au placement sous contrôle judiciaire des sept policiers le 15 septembre dernier.

Les explications délivrées à la cour du TGI de Bobigny le 04 novembre font froid dans le dos :

-          Pourquoi avez-vous menti ? demandait la présidente,

-          Le mot d’ordre a été de donner cette version-là. Il était convenu de dire que c’était le conducteur de la Twingo qui avait heurté le collègue , répondait un policier,

-           Je voulais faire comme tout le monde et dire ça, confirmait son voisin,

-          Lorsque je suis descendu pour interpeller l’individu, je me suis retrouvé coincé entre la Twingo et la voiture banalisée qui arrivait dans ma direction, raconte ensuite le policier blessé.

 

Touché à la jambe droite, il s’était réfugié dans une voiture. C’est à ce moment-là qu’un de ses collègues lui a demandé de livrer cette version mensongère.

-           Qui était-ce ? , demandait la présidente,

-           Je ne l’ai pas vu, j’avais les mains sur la tête, j’ai seulement entendu sa voix…

Les occupants de la voiture banalisée, eux, se montrent bien moins catégoriques :

-          Je pensais avoir touché le véhicule pourchassé… Je n’ai pas eu conscience d’avoir heurté mon collègue, indiquait le conducteur.

Ses coéquipiers abondent dans son sens. L’un est formel :

-           C’est la Twingo qui a heurté le collègue.

Face à ces incohérences, l’un des assesseurs hausse le ton.

-           Vous êtes des fonctionnaires de police et ce qui se passe à cette audience est très grave !

S’adressant au conducteur de la voiture banalisée, elle demande, étonnée :

-           Vous n’avez pas cherché à savoir si vous aviez heurté votre collègue ?

-           J’étais tout seul de mon côté et je n’ai parlé à personne, répondait-il.

Son collègue réitère qu’il était « logique » pour lui que son collègue ait été blessé par la Twingo.

La juge :

-           On comprend mal pourquoi vos collègues se seraient mis dans de si sales draps pour vous… »

Soudain, l’un des policiers craque :

-          C’est toi qui m’a dit de rédiger le faux ! T’es venu et tu m’as dit : “On met ça !”, tourné vers son collègue qui venait de parler de logique,

Son collègue pointe du doigt ne cille pas. Des « ah » d’étonnement se font entendre dans la salle.

Le procureur Milon requérait de trois à six mois de prison avec sursis. Il insistait sur « l’impact de cette affaire, qui remettait en cause la crédibilité de la police et de la justice ». Et d’ajouter :

-          Ça m’est désagréable de faire des réquisitions contre des fonctionnaires de police […] Je demande qu’aucun autre PV ne puisse être rédigé par eux car on ne pourra plus s’appuyer sur leurs déclarations.

Comme d’habitude le public se serrait sur les bancs de la petite salle du tribunal correctionnel de Bobigny. D’autres personnes se massaient, debout, à l’entrée. Les collègues des policiers, venus faisaient masse pour « soutenir » leurs sept collègues qui comparaissaient pour « dénonciation calomnieuse » et « faux en écriture publique » pour avoir rédigé ou signé de faux procès-verbaux occupaient les places principales pour manifester leur soutien aux leurs.

 

Parole de secrétaire : ce n’est pas une politique sécuritaire, mais de sécurité que nous parle le président !

Par : Michel Engelmann le 12 octobre 2010

Le secrétaire général de l’Elysée nous le dit : « Ce n’est pas une politique sécuritaire, mais de sécurité que le président fait ».

Cette remarque adorable de la part d’un ancien préfet et haut fonctionnaire vaudrait d’être regardée avec les yeux d’un énarque indépendant mais surtout d’un bon dictionnaire.

 

Que lit-on :

Sécurité : État d'esprit confiant et tranquille qui résulte du sentiment, bien ou mal fondé, que l'on est à l'abri de tout danger. Synonymes : calme, confiance, quiétude, sérénité, tranquillité. Impression de sécurité; éprouver, goûter une parfaite sécurité; le besoin de sécurité est fondamental chez l'homme.

Sécuritaire : Conforme à la notion de sécurité publique. Idéologie sécuritaire. Ce mot est employé avec une connotation légèrement péjorative qui souligne le fait que la défense de la sécurité publique est susceptible d'engendrer des abus de pouvoir.

Comme on le voit la différence est ténue entre les deux mots et elle suffit pour nous faire comprendre ce que Monsieur le Secrétaire voulait certainement nous cacher : sécuritaire : Ce mot est employé avec une connotation légèrement péjorative qui souligne le fait que la défense de la sécurité publique est susceptible d'engendrer des abus de pouvoir.

Quels abus de pourvoir voudrait-on nous cacher ?

Une Lio anti-burqa clamée haut et fort pour narguer les foules, qui se termine par une Loi limitant le fait de cacher son visage dans l’espace public.

Des actions pointant les Roms alors que les termes du discours de Grenoble peuvent s’appliquer à toute personne en situation irrégulière sur le territoire nationale, en attendant de voir une nouvelle rédaction de la Loi !

Un projet condamnant à la déchéance nationale toute personne de nationalité française mais « d’origine étrangère » qui s’en prendra à un représentant de l’état créant ainsi une différence entre un mort représentant de l’état tué par un « français d’origine étrangère » et un autre tué par un français caucasien, en attendant que le débat s’ouvre !

Depuis maintenant 3 ans les exemples sont presque quotidiens.

Vous avez raison Monsieur le Secrétaire, la politique n’est pas seulement sécuritaire, les propos le sont surtout.

 

L’Intérieur a fait son choix : le politique prime sur tout, quitte à bafouer ce qu’il a lui-même construit !

Par Michel Engelmann le 22 septembre 2010

Il y a encore peu de temps certains politiques parlaient de la primauté du politique sur tout ce qui bouge. Est-ce au nom de cette primauté que notre Ministre de l’Intérieur a fait ce choix étrange ce 16 septembre 2010.

Rappel des faits :

Le hasard du calendrier judiciaire fit que ce jour-là deux suites d’affaires judiciaires notables étaient rendues publiques.

Tout d’abord Grenoble, ou il était question de trois juges qui devaient se prononcer sur la décision du juge des libertés et de la détention, juge qui avait remis en liberté le « présumé coupable » décrié comme tel par notre Ministre.

Ensuite l’affaire de Draguignan, suite à l’Appel des familles, appel consécutif à la relaxe du gendarme qui avait tué l’un des leurs en fuite, personne décrite comme dangereuse et menottées de la tête aux pieds.

A Grenoble les trois magistrats confirmaient la décision du juge. Le « présumé coupable » restait en liberté conditionnelle et se voyait notifier son maintien en « liberté sous contrôle judiciaire ».

A Draguignan le gendarme était relaxé, comme ce fut le cas en première instance, au motif qu’il avait eu recours aux méthodes qu’il avait apprises.

Quel dilemme pour un Ministre, même de l’Intérieur !

Pourquoi notre Ministre aura-t-il choisi de n’intervenir que sur l’affaire de Grenoble ? On imagine le dilemme que ce dût être pour lui !

En intervenant dans l’affaire de Draguignan nous pouvons imaginer que ses conseillers aient pu craindre un mélange des genres avec les « Roms » ! Eh oui, ces gens-là sont français, et en plein milieu d’une bagarre médiatique qui s’étendait jusqu’en Flandres les conseillers du Ministre devaient craindre de « tacler » d’autres politiques qui s’exprimaient sur le sujet.

En intervenant dans l’affaire de Grenoble il pouvait craindre de ne pas être compris par des policiers en mal de ne pas être compris eux-mêmes. Il pouvait craindre d’être incompris par certains magistrats voire par sa partenaire de la Justice.

Quel dilemme à l’aube d’un remaniement !

Il a donc fait un autre choix en toute connaissance de cause: « En quelques semaines, plusieurs faits, qui ne sont « divers » que pour ceux qui ne se sentent pas concernés, mais qui sont en réalité extrêmement choquants, montrent le décalage entre la souffrance des victimes et la réponse pénale apportée par une minorité de magistrats ».

Le soutien aux policiers est un choix politique. Ce ne devraient pas être des propos dans la bouche d’un Ministre surtout de l’Intérieur.

 

Les syndicats de police ne sont pas dans leur rôle !

Sont-ils dans le rôle que leur autorisent les pouvoirs en place ?

Par : Michel Engelmann le 07 septembre 2010

Et si les syndicats étaient dans le rôle qui a servi et sert tous les pouvoirs qui se succèdent ?

Sébastian Roché, Directeur de recherches au CNRS et spécialiste des questions de sécurité en est arrivé à la conclusion, suite aux mouvements soulevés chez les policiers par la libération de l’auteur présumé du braquage d’Uriage, que les syndicats de policiers ne sont pas dans leur rôle en critiquant des décisions de justice. Dominique Monjardet, lui-même du CNRS, en était arrivé à cette même conclusion depuis des lustres.

 

Et si ce rôle que les syndicats s’octroient était celui qui favorise les intérêts du pouvoir en place ?

Propos politiques certes !

Mais qu’en est-il des faits ?

Ceci ne remonte pas à hier. D’ailleurs la Commission Européenne des Droits de l’Homme le rappelle régulièrement que « la France protège trop sa police ! ». C’est ce que fait implicitement le Ministre de tutelle en déclarant « son indignation » devant la décision du juge de Grenoble. Comme ce fut le cas lors des événements du même genre que ont précédés celui-ci (affaire Malik, …). On voit bien sans être malicieux que le pouvoir en place ne fait rien pour ramener les syndicats dans leur rôle qui est, nous rappelle, Sébastian Roché, de « défendre les conditions de travail des fonctionnaires de police ». Rien d’autre !

Le totalitarisme politique s’appuie sur une police aux ordres du pouvoir qui tient lieu de justice et sur une justice aux ordres. Le sécuritaire politique s’appuie sur une police aux ordres qui voudrait tenir lieu de justice. Le passage du sécuritaire au totalitarisme se fait par l’intégration de la police à la justice ou encore par l’absorption de la police par la justice quand cette dernière a été assimilée par le pouvoir.

La démocratie repose sur une police qui, dans les affaires judiciaires, regroupe les preuves nécessaires à la justice pour qu’un juge puisse prendre les décisions qui découlent de l’examen de celles-ci. C’est la séparation de la police qui est « partie » de l’enquête et de la justice qui examine et « juge » des éléments rassemblés. La démocratie repose sur la séparation du « juge » et de la « partie ».

D’une certaine façon Rapport Léger ne s’y était pas trompé même si par « éducation » il aborde la question sous un autre angle. Dans sa réponse à la question numéro 2, en 3.b, le Comité répond qu’il n’est pas favorable au rattachement de la police judiciaire  à l’autorité judiciaire.

Nous avons encore une chance de pouvoir résister au tout sécuritaire.

 

Gendarmes : le radié, le puni et le parjure !

Par Michel Engelmann le 07 avril 2010

Il y a le gendarme Matelly, radié pour avoir critiqué une décision du Ministère de l’Intérieur relative au rapprochement police-gendarmerie. Quelques jours plus tard, il y a le gendarme A puni pour avoir écrit un poème. Personne ne parle du gendarme M, expert en Nouvelles Technologies de la Gendarmerie Nationale de Tours, qui prête serment comme expert dans un jugement correctionnel et qui se parjure.

Critiquer une décision du Chef des armées, de son propre chef, est un acte de rébellion inadmissible, encore plus inadmissible pour un officier que pour un homme du rang. Est-ce que la hiérarchie du commandant aurait dû prendre cette décision sans attendre ? Nous répondons oui car c’est cette hiérarchie qui est responsable de la discipline.

Ecrire un poème est-il un acte délictueux ? Nous répondrons non. Ecrire un poème pour défendre le commandant radié de la gendarmerie est-il un acte délictueux ? Nous répondrons non ! Ecrire un poème dénigrant le chef des armées est-il délictueux ? Nous répondrons non ! Manquer de respect au chef des armées est un acte d’indiscipline d’autant plus qu’il l’est par la volonté délibérée de celui qui l’écrit associé à l’acte précédent.

Expliquer dans un rapport d’expertise judiciaire que des documents prennent la date du jour de la gravure quand on les grave sur un CD ROM*, voulant prouver ainsi que des photos pédopornographiques datées de 8 mois après la saisie des disques durs par la police appartiennent bien à une personne, est-il un acte délictueux ? Nous répondrons oui, c’est vouloir tromper la Justice ! Est-ce que la hiérarchie du gendarme doit prendre une décision disciplinaire concernant le gendarme en question ? Nous répondrons oui ! Est-ce que la hiérarchie a été informée ? Nous savons que oui, elle a cosigné le rapport ! Est-ce que de ce fait la hiérarchie est co-responsbale de ce parjure ? Nous répondrons oui !

Sommes toutes on est radié voire puni par le chef des armées et c’est en toute logique car l’indiscipline nuit à la force des armées. On est protégé par son supérieur, par le Procureur voire par son Ministère quand on est un simple quidam, et c’est étrange, car cela nuit à la crédibilité de la justice

 

*Comme chacun peut le vérifier en copiant puis en modifiant des images sur un disque dur et en les gravant sur un CD ROM R celles-ci conservent bien leurs dates de création d’origine ainsi que celles de dernières modifications. Par contre si on demande au graveur utilisé de graver ces images à une date précise toutes les images prennent la date demandée mais aussi l’heure demandée. Toutes les images ont alors la même date et la même heure. Ce qui n’était pas le cas dans l’affaire en question, ce qui traduisait une manipulation des fichiers par gendarmes et policiers.

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Le saviez-vous : nous aimons notre Police !

Par Michel Engelmann le 15 janvier 2010

De l’Art de lire les sondages et de devenir populaire !

Un récent sondage réalisé par l’Institut CSA (voir ci-contre) et publié sur SINE HEBDO en décembre 2009 nous l’affirme : Les Français aiment leur Police. C’est formidable à un moment où la Commission Européenne des Droits de l’Homme signale que nos gouvernements protègent trop la Police !

Il est vrai que le sondage en question nous montre que 57% des personnes interrogées « ont le sentiment » que la Police est efficace « dans le cadre de ses missions » alors que 38% pensent qu’elle ne l’est pas.

L’art du sondage réside à deux niveaux ; dans la manière de poser les questions et dans la façon de présenter les résultats. On pourrait ajouter également dans la « disposition » à présenter la chose au public.

On peut aussi lire les résultats comme suit ; 5% des personnes interrogées « ont le sentiment » que la Police est très efficace et 12% qu’elle ne l’est pas du tout. Ce qui nous fait donc 52% des personnes interrogées qui « ont le sentiment » que la Police est plutôt efficace et 26% qu’elle est plutôt inefficace. Au total ça pourrait faire 78% des Français qui pense que notre Police est plutôt efficace où inefficace, soit 78% d’entre nous qui avons le sentiment que notre Police ne remplit pas efficacement ses missions.

On observe la même tendance en ce qui concerne les deux autres questions (contrôle d’identité et droit des personnes lors d’une garde à vue) avec la même inversion que celle présentée pour les missions.

Le seul résultat sur lequel on a beau refaire les calculs concerne la cote de notre ministre. Rien n’y peut changer. Il est définitivement mauvais selon le sondage.

En résumé si nous acceptons comme tels les résultats de ce sondage on voit bien que notre Ministre de l’Intérieur n’a aucune marge pour améliorer sa performance mais puisque nous sommes satisfaits tout va bien ici bas. Par contre si nous refaisons la lecture que je vous propose nous sommes fortement insatisfaits mais notre Ministre ne peut que gagner en efficacité.

L’art du sondage rejoint l’anesthésie !

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