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Rapide comme l’éclair le
ministre de l'Intérieur apporte son soutien aux sept policiers condamnés à de la prison
ferme et pour 5 d’entre eux radiés de la Police.
Les syndicats policiers ont ouvertement mis en
cause les magistrats de Bobigny, qu'ils accusent de laxisme : « Ce tribunal est connu pour receler les
pires idéologues de la culture de l'excuse quand il s'agit de remettre
dehors à tour de bras les trafiquants de stupéfiants, braqueurs, auteurs
de tentatives d'homicide, etc.», déclarait sans surprise le
représentant de Synergie-Officiers.
Le Ministre en rajoutait une couche samedi devant
le conseil national politique de l'UMP : « Le métier de policier, de gendarme, de sapeur pompiers, ce n'est
pas un métier comme les autres. C'est un métier où il arrive
quotidiennement de risquer sa vie, et je me réjouis de la décision du
parquet de faire appel de ce jugement ». Le Parquet aux ordres du
gouvernement avait-il d’autres choix pour que chacun garde son poste au
chaud ?
« Que le ministre de l'Intérieur
soutienne des policiers condamnés pour des faits particulièrement graves,
c'est ahurissant », déclarait le président de l'Union Syndicale des
Magistrats. Il rappelait que l'homme dénoncé à tort par les policiers
encourait la perpétuité si le mensonge n'avait pas été dévoilé. « Ce qui me désole, c'est qu'on renforce une
guerre police-justice qui n'a pas lieu d'être », reprenait de son côté
la présidente du Syndicat de la magistrature. Pour Unité SGP Police, qui
met en avant « les difficultés
(rencontrées par les policiers) dans l'exercice de leur travail» en
Seine-Saint-Denis, «il est impossible de comprendre ce jugement ».
Le garde des Sceaux, Michel Mercier, refusait
d'alimenter toute «polémique», ménageant la justice tout autant que la
police : « Je ne vais pas commenter
une procédure qui est en cours. On va attendre que la cour d'appel rende
son arrêt » expliquait-il. « Je
respecte les magistrats. Je sais simplement que travailler dans un
département très difficile, que l'on soit policier ou juge, c'est
extrêmement difficile. Il existe dans ce pays une chaîne pénale, (...)
c'est la justice et la police. On a besoin de ces deux forces et si on
tape sur un maillon de la chaîne pénale, c'est toute la chaîne qu'on
affaiblit », a-t-il poursuivi, plaidant pour que «ces deux piliers de
la République puissent travailler ensemble».
Dans un communiqué, les députés de Seine Saint
Denis, Éric Raoult, Patrice Calméjance et
Gérard Gaudron, et les sénateurs Philippe Dallier et Christian Demuynck
« apportent tout leur soutien et
leur solidarité aux policiers, au préfet (de Seine-Saint-Denis,
Christian) Lambert, ainsi qu'au ministre de l'Intérieur qui, face à une
délinquance de plus en plus violente, effectuent un travail efficace
contre les délinquants et les trafiquants de drogue ». Ils expriment
« leur étonnement vis-à-vis d'un
jugement disproportionné ». « Le
procureur avait demandé du sursis, les juges ont préféré des peines plus
fortes allant jusque de la prison ferme », rappellent-ils. Personnes
ne parle de radiations car c’est bien là que se situe le vrai problème.
Condamné à la prison ferme ils sont radiés ; avec du sursis ils passent
au travers des mailles du filet.
Les faits reprochés aux policiers sont pourtant
particulièrement graves : ils ont été jugés coupables de « dénonciation calomnieuse » et « faux en écritures », après avoir
voulu faire porter la responsabilité d'un accident provoqué par une
voiture de police à un chauffeur qu'ils poursuivaient.
Ce dernier avait été placé en garde à vue pour
tentative d'homicide sur fonctionnaire de police, un crime passible de la
perpétuité. La version des policiers n'a pas tenu longtemps à l'examen
des faits et ils ont reconnu les faits.
Il est bon de rappeler à nos élus que le “ faux en
écriture publique ”, lorsqu'il est commis par une personne dépositaire de
l'autorité publique agissant dans l'exercice de ses fonctions, est
punissable d'une peine qui peut aller jusqu'à quinze ans de réclusion
criminelle et 225 000 euros d'amende (art. 441-4 du CP). On est loin du
compte même si nos « politiciens » jugent la punition sévère.
On en aurait presque oublié les quelques propos à
chaud du Préfet Lambert qui reprenait ceux de son Ministre en déclarant
que ce jugement est incompréhensible dans un département où il y a autant
de « multirécidivants ».
N’oublions pas que la France a été condamnée à
plusieurs reprises pour « trop protéger sa Police ». Là est le cœur de
cette polémique. A l’exception aujourd’hui encore du Ministre de la
Justice qui use de son droit de réserve, une majorité de « politiciens »
nous disent que du fait de la situation en Seine Saint Denis ils
réclament l’acquittement des policiers qui ont violés leur serment par ce
que ce département grouille de malfrats. Ils sont donc disposés, du
Ministre de l’Intérieur au syndicaliste bon teint, à fermer les yeux sur
des comportements ripoux et à envoyer un innocent en prison à perpétuité.
Le gouvernement semble récolter les fruits d’une
politique de protection exagérée de la police qu’il utilise comme bras
armé de sa politique sécuritaire. La contrepartie consiste bien à fermer
les yeux sur tout type d’agissement aussi longtemps que les preuves ne
sont pas irréfutables. Les policiers le sentent bien et se permettent
aujourd’hui encore plus qu’hier de se montrer en force tant dans la rue
que dans les tribunaux lors du jugement de leurs collègues.
Il a peut être cassé le Job pour plus de dix ans !
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