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Magistrats:
reconnaitre l'erreur tout en gardant son autorité !
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Par :
Michel
Engelmann 10 Novembre 2008 (Mediapart)
Le président de la Chambre d'Instruction, Thierry Bloch, qui est à l'origine de la
libération de l'homme de 48 ans accusé de multiples viols a communiqué
sur la façon dont on en est arrivé à cette erreur matérielle le 24
octobre 2008.
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«Je n'ai pas signé sans relire, je relis tous les arrêts,
celui-là aussi, mais je n'ai pas vu, l'erreur m'a échappé», explique
t'il en ajoutant; «J'assume la responsabilité de
cette erreur matérielle».
Cette information arrivait
au moment ou nous apprenions que le Procureur Lesigne, procureur de
Boulogne-sur-Mer, lors du procès d'Outreau, était "promu" à la
Cour de Caen, lui qui affirmait "Le parquet
général avait le dossier également, il pouvait se forger une opinion",
se retranchant ainsi derrière 64 autres magistrats
pour ne pas assumer l'erreur seul.
Lors
de ces derniers jours d'octobre les magistrats se sont exprimé et ont
revendiqué d'une part le fait d'être des hommes et des femmes comme nous
tous et d'autre part « être une autorité ». En lisant avec
beaucoup d'attention le Procureur Maurel on apprend que « le peuple a donné mandat aux juges de décider en son
nom.. ».
L'autorité n'est
donc pas de droit divin et au même titre que tout être humain un
magistrat peut commettre une erreur.
Ce qui
inquiète par dessus tout les magistrats, et ce
fut visiblement le cas du Procureur Lesigne, c'est la frontière entre
l’erreur et la faute. S’il y a erreur, il n’y a pas de responsable, s’il
a faute, il y a un responsable tout désigné. La faute concerne la
procédure, le métier, et c'est pour cela que tout le monde clame que la
procédure a été correctement suivie. Le président Bloch peut endosser la
"responsabilité" de l'erreur matérielle, la procédure a été
suivie. Le rempart de l'erreur pour se protéger de la faute est le
bouclier du juge.
Malgré tout,
dans le cas du Président Thierry Bloch, le fait de reconnaitre rapidement
cette erreur renforce son autorité comme pour chacun de nous dans
l'exercice de notre métier. Cela semble si vrai qu'il y a eu peu de
réaction à sa déclaration. La médiatisation ne met en exergue que les
dysfonctionnements.
C'est
ce que voulait certainement dire Florence lorsqu'elle écrivait sur le
blog de l'avocat général Bilger: ".... l'erreur est humaine, persévérer est diabolique".
[Michel Engelmann]
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