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Grenoble
: allons-nous poursuivre la course vers encore plus de sécuritaire ?
Tout
va dépendre du courage des trois juges !
Par Michel Engelmann le
08 septembre 2010.
Ce n’est pas la première fois que les
policiers, par le biais de leurs Syndicats, pointent du doigt des
magistrats qui prennent des décisions non conformes à leur volonté. Ils
sont encouragés en cela par les
propos de leur ministre de tutelle qui a depuis peu a transformé le « tout
prévenu est présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit montré qu’il est
coupable » en « présumé coupable » d’une stratégie entièrement sécuritaire.
Une nouvelle fois les policiers montent au créneau avec le placement sous
contrôle judiciaire d’un prévenu accusé de «tentative d'homicides
volontaires» après la fusillade du casino d'Uriage. Ils auraient aimés le
voir en détention. Pour y parvenir ils veulent dicter leur volonté aux
magistrats de Grenoble. Les hommes du pouvoir sont déjà venus à leur rescousse.
Le Ministre de l’Intérieur en clamant « son indignation » et la Ministre de
la Justice, Garde des Sceaux, en demandant au Parquet d’interjeter appel.
Nos trois juges sont désormais devant un
choix. Tout d’abord sauver leur peau c'est-à-dire revenir sur la décision
du juge en placer le prévenu en détention préventive. A part le juge qui
aura fait esclandre tout le monde restera à sa place. Ensuite désobéir en
confirmant la sentence première et déplaire aux « puissants ».
Toute désobéissance est punie de nos
jours une « promotion » aux affaires sociales de la Sécurité Sociale (Juges
de Maille d’Orléans et Juge Michaud de Tours).
Le jugement du 09 septembre sera
annonciateur de pertes ou de gains de valeurs dans notre démarche
démocratique.
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Grenoble
: un Grand pas pour la Justice et un petit pas en arrière vers le système
sécuritaire vers lequel nous avancions à grandes enjambées.
Par Michel Engelmann le
17 septembre 2010
La cour d’Appel de Grenoble a confirmé
le 16 septembre le placement sous contrôle
judiciaire de celui que certains voulaient placer en détention provisoire,
confirmant ainsi la décision en date du 02 septembre du juge des libertés.
Les trois juges étaient devant un simple
dilemme : sur la base des éléments disponibles soit confirmer la décision
de leur collègue soit répondre favorablement aux pressions multiples et
surtout de l’establishment policier (syndicats et ministère en tête). Dans
le premier cas cela pouvait être perçu comme un acte de rébellion et dans
le second comme un acte de soumission.
L’arrêt rendu par la cour est direct : «
les critères légaux» justifiant
le recours à la détention provisoire «ne
sont pas suffisamment établis».
Selon le Figaro, « les juges ont estimé … que «si un faisceau de coïncidences
troublantes permet de penser que [le prévenu] pourrait avoir commis les faits», il
n'y a pas de «certitude ou quasi-certitude quant à sa participation».
L'accusation s'appuyait sur des appels
anonymes ou écoutes téléphoniques dénonçant le prévenu ou faisant référence
à son surnom. Elle s'appuyait également sur une analyse de la voiture ayant
servi au braquage. Elle n'a révélé ni sang ni empreintes ni ADN, mais « une «odeur», identifiée comme sienne par
deux chiens de la police scientifique ».
Dans une décision courageuse qui
pourrait être perçue comme une provocation les trois juges soulignent que
l'enquête policière a été « handicapée
par le manque de temps et les pressantes sollicitations à interpeller
rapidement le complice en fuite».
Bien au-delà des conclusions de l’avocat
du prévenu, Maître Denis Dreyfus, qui a salué un signe de «l'indépendance de la justice», ou
encore des commentaires des syndicats de magistrats qui saluent cette
décision de façon unanime, ce 17 septembre est un Grand pas pour la Justice
et un petit pas en arrière vers le système sécuritaire vers lequel nous
avancions à grandes enjambées.
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