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Police/justice

L’Affaire Mérriaud

L’Internaute de Tours

Tours 37 – mise à jour le 15 décembre 2009

 

« Il faut que la société regarde les choses puisque c’est elle qui les fait » Victor Hugo, Les Misérables

Lu pour vous

 

LU POUR VOUS

Paroles de procureur – Erick Maurel, éditions Témoins Gallimard

L’auteur est Procureur à Pau après avoir été Procureur à Saint Omer notamment. S’il n’a pas été plongé dans l’affaire d’Outreau il l’a côtoyée et nous en donne un récit intéressant.

Il nous fait partager la vision de son métier ainsi que de celui des magistrats en général.

Souffrances et misères !

C’est le tout premier chapitre de ce livre qui nous montre que les magistrats vivent au cœur des souffrances et des misères du quotidien de chacun de nous. Comme le médecin ne peut montrer sa compassion à son malade le magistrat ne peut s’abandonner à des réactions de sensibilité. Ceci n’a rien à voir avec de la distance mais est nécessaire à la quête de la vérité. Le magistrat vit au cœur de la société et s’exprime avec réserve. Ce comportement est d’autant plus nécessaire qu’il fait face à la souffrance des victimes.

« Il nous faut avant tout agir en professionnels : c’est la meilleure des garanties que nous puissions donner à ceux dont la vie dépend de nos décisions. Les règles de procédure sont les garde-fous contre d’éventuelles intrusions de la subjectivité ». Il nous faudra attendre la suite des développements du Procureur Maurel pour être certain qu’il veut bien parler de procédures. Pour nous les procédures garantissent que chaque citoyen sera traité comme son voisin. La procédure indique la marche à suivre et rien d’autre.

Ce qui est plus intéressant c’est la suite du développement du Procureur Maurel : « Le peuple a donné mandat aux juges de décider en son nom, tandis que la souveraineté nationale demande aux procureurs de défendre l’intérêt général défini par le corps social ». Cette phrase devra être méditée par chaque citoyen et revue à l’aune du reste du développement de l’ouvrage.

Doutes et certitudes :

Ce chapitre du livre est très intéressant. Le Procureur Maurel nous parle ici du doute comme « le carburant d’une mécanique complexe associant la connaissance de la norme juridique, l’ouverture d’esprit et le bon sens ». dans tout son développement on n’est pas loin du doute scientifique comme moteur de la découverte. Car le doute dont il nous parle n’a rien à voir avec l’incapacité à décider mais bien tout au contraire avec une méthode de travail à la recherche de la vérité. « C’est une méthode de raisonnement où se confondent fait et droit » nous dit-il tout comme dans la recherche scientifique où le doute est la confrontation des résultats obtenus avec la technique et les artefacts que celle-ci peut générer. « Le magistrat va remettre en cause ce qui lui est présenté, demander des vérifications, pour obtenir différemment les investigations ». C’est ce doute qui doit condamner certaines décisions en matière pénale. C’est ce doute qui chez le magistrat est le moyen de confronter ce qui lui est présenté comme preuve. C’est le même doute qui chez le chercheur doit lui permettre de confronter les preuves qu’il aura rassemblé pour découvrir la vérité. Sans ce travail de doute « la vérité judiciaire peut  être fabriquée » et fort éloignée de « la vérité » tout simplement.

(A suivre)

 

 

 

 

 

 

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