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Tours 37 – mise à jour le 08 décembre 2010

 

« Il faut que la société regarde les choses puisque c’est elle qui les fait » Victor Hugo, Les Misérables

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CSM : une analyse surprenante des sanctions prises à l’encontre des magistrats !

Par Michel Engelmann le 08 décembre 2010

La réforme des institutions va permettre désormais à tout justiciable, à compter du 23 janvier 2011, de saisir directement le Conseil Supérieur de la Magistrature. Jusqu’à maintenant la France était l’un des pays qui rechignaient le plus à sanctionner ses magistrats.

Avant ce grand changement il est intéressant d’examiner quelle a été la situation au cours des décennies passées.

Les jugements portés par le CSM sur les magistrats est couvert par l’anonymat. Il est classé en deux groupes ; le Siège et le Parquet.

Au niveau du Siège, de 1959 à 2010, 177 références sont affichées dont 22 cas avec leurs annulations suite à des recours ou des décisions internes. Par ordre décroissant on trouve 99 cas disciplinaires, 19 cas d’actes sexuels ou de pédopornographie, 12 cas divers regroupant principalement des violences, des états médicaux pathologiques ou des comportements répréhensibles. De façon intéressante on notera deux cas de réprimandes pour « obtention frauduleuse de renseignements concernant une procédure pénale jugée et de casiers judiciaires concernant des candidats à l’adhésion à une loge maçonnique ». Certains se protègent ?

En ce qui concerne le Parquet, sur la même période, 63 cas sont répertoriés. 44 cas disciplinaires sont résumés, 5 abus sexuels et pédopornographiques sont répertoriés ainsi que 5 cas d’alcoolisme. 8 cas sont annulés pour les mêmes raisons que précédemment. 1 cas de racisme est dévoilé.

Pour le siège la moyenne des mesures prises par le CSM à l’encontre des magistrats est d’environ 3,5 cas par an, tandis que pour le Siège de 1,2 cas par an.

Ces données sont à regarder à la lumière du travail  présenté par le Conseil de l'Europe dans ses rapports réguliers. Si ce vaste travail de la Commission européenne ne permet pas toujours une comparaison stricto sensu de systèmes judiciaires il offre néanmoins une base d'évaluation.

En 2006, 14 magistrats ont été sanctionnés en France, contre 29 en Allemagne, 26 en Autriche, 66 en Italie, 41 au Portugal, par exemple. Si l'on rapporte ce chiffre au nombre de magistrats dont s'est doté ces pays, le «taux de sanction» en France se situe en toute fin de peloton européen, avec 1,5 sanction pour 1000 magistrats.

Selon le fichier présent sur le site du CSM le nombre de cas varie peu dans le temps ; 9 cas en 2007, 8 cas en 2008 et 16 cas en 2009.

Ce qui ressort de cette nouvelle analyse c’est que le fait de déclencher une poursuite disciplinaire est exceptionnel. Seul le garde des Sceaux et les chefs de cour - c'est-à-dire la haute hiérarchie - depuis 2001 en ont le pouvoir. Parmi les 99+44 mesures  disciplinaires on trouve des magistrats au comportement déplacé, ivres à l'audience ou accumulant de longs mois de retard dans leur travail. C’est également le cas au travers l'Europe ou la mesure principale est la réprimande. Cependant, dans ces autres pays les manquements aux obligations des procureurs se soldent dans 13 % des cas par des sanctions financières, ce qui n’existe pas en France. Par ailleurs ces mesures concernent également un délit pénal, ce qui n’est pas le cas en France. Dans ce cas, un magistrat sera d'abord poursuivi devant un tribunal plutôt qu'au disciplinaire.

La réforme qui se met en place en janvier 2011 prévoit que tous les justiciables pourront porter directement leur plainte devant le Conseil supérieur de la magistrature. Issue directement des soubresauts de l’affaire d’Outreau il sera important de rester vigilant pour tirer le signal d’alarme

La réforme judiciaire de nouveau en cause avec le jugement de l’affaire Moulin par le CEDH

Par Michel Engelmann le 24 novembre 2010

Alors que les revers semblent s’accumuler sur le projet de réforme judiciaire la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) vient de conclure qu’en France le procureur n'est pas indépendant du pouvoir exécutif. Il ne peut donc Exercer une fonction judiciaire. Le statut du procureur est de nouveau mis en cause.

Ceci s’ajoute aux remarques récentes de la Cour de Cassation qui pointait son nez dans le débat en vase clos entre la Ministre et le Conseil d’Etat.

La Cour européenne des droits de l'Homme a une nouvelle fois épinglé la France pour l'absence d'indépendance de son parquet à l'égard du pouvoir exécutif. Un arrêt qui intervient au beau milieu de la réforme de la justice. Elle juge que le parquet - au sein duquel officie le procureur – n’est pas indépendant du pouvoir exécutif. En 2008 la France avait été condamnée pour le même motif.

Cet arrêt conclut de la CEDH conclut l’examen du cas de Maître France Moulin, avocate, qui contestait son placement en maison d'arrêt par le procureur adjoint du tribunal de Toulouse, dans une affaire de blanchiment d'argent. Elle avait saisi la CEDH, estimant qu'à l'issue de sa garde à vue elle n'avait pas - comme le prévoit pourtant la Convention européenne des droits de l'Homme - été «aussitôt traduite» devant «un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires». Elle soutenait donc le procureur ne représentait pas cette autorité.

La Cour européenne lui donne raison en concluant que «Le procureur adjoint de Toulouse, membre du ministère public, ne remplissait pas les garanties d'indépendance pour être qualifié, au sens de cette  Disposition, de ‘juge ou (...) autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires'». Ils rappellent par la même qu’en France, les membres du parquet «dépendent tous d'un supérieur hiérarchique commun, le garde des Sceaux, ministre de la Justice qui est membre du gouvernement et donc du pouvoir exécutif». Ils concluent que le procureur français ne devrait pas décider des suites à donner à une garde à vue parce qu'il n'est pas indépendant du pouvoir exécutif et ne peut donc exercer une fonction judiciaire.

Le débat est ainsi relancé au beau milieu des petites et grandes affaires qui éclatent au grand jour. L'Union syndicale des magistrats (syndicat majoritaire) elle confirme que «le statut des magistrats du parquet français doit impérativement évoluer» et appelle le président de la République à «engager en urgence une nouvelle réforme  Constitutionnelle permettant à la justice française de satisfaire aux standards européens d'une justice indépendante et impartiale». Le ministère de la Justice annonce que la France allait faire appel devant une formation de deuxième instance de la Cour de Strasbourg en précisant que «Nous ne partageons ni le raisonnement ni l'analyse de la Cour».

En attendant la suite il y a de quoi s’interroger sur la suppression des juges d'instruction dont le but annoncé est de confier toutes les enquêtes pénales aux procureurs, sans modifier leur statut.

Les Meilleures de MAM

Par Michel Engelmann le 29 octobre 2010

Ces deux derniers mois nos ministres n’ont pas chômés en déclarations voire en prises de position. Notre Ministre de la Justice n’y fait pas défaut.

Le 09 septembre, alors qu’elle venait de transmettre l’avant-projet de loi réformant la garde à vue elle confirmait l’avancée de ses propositions lors d’un entretien avec le journal Le Monde avec tout particulièrement l’instauration de « l’audition libre ». Quelques temps plus tard la Cour de Cassation tenait à préciser que celle-ci n’était pas conforme à la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Prise à défaut ?

Le 20 septembre 2010, après des propos chocs du même Ministre de l’Intérieur, elle déclarait que « Il a ses idées, j'ai les miennes ». Elle continuait en précisant que « Pour ce qui est de l'application des peines, j'ai réfléchi à des pistes pour améliorer le dispositif qui conduit à prononcer la libération conditionnelle ». Prise de court ?

Début octobre, alors que le Ministre de l’Intérieur annonçait soutenir un gendarme comparaissant en justice pour avoir tué un « gitan » elle faisait savoir qu'il n'était « pas aberrant que le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, ait apporté son soutien au gendarme mis en examen … » pour avoir tué par balle en juillet un jeune gitan dans le Loir-et-Cher.  Elle ajoutait qu’  « Il faut d'abord rappeler une chose, c'est que jusqu'au jugement définitif, une personne est présumée innocente ». A moins que le journaliste ait oublié quelques phrases le lien entre les deux informations ne semblait pas être évident. Prise de à rebours ?

Le 29 octobre elle estimait sur France Inter que « l'affaire Bettencourt n'était pas politique » et assurait qu' « elle ne voulait pas qu'elle le soit ». Sur ce dernier point on peut la croire même si elle n’a rien fait pour qu’il en soit ainsi. Prise au sérieux ?

A Tours la Ministre de la Justice fait du surplace en attendant mieux !

Par Michel Engelmann le 14 octobre 2010

Selon le titre de l’article résumant ses propos lors de sa visite à Tours le xx octobre 2010 la Ministre travaille principalement sur la réforme de la Garde à Vue. Cette visite était tout particulièrement intéressante dans cette ville ou l’affaire de l’Internaute de Tours continue à soulever les questions de fond sur le mode de fonctionnement des magistrats et tout particulièrement sur le rôle joué par le Procureur en personne ou par délégation ainsi que sur celui du Parquet.

Elle rappelait que « Le conseil constitutionnel a donné un an au gouvernement pour présenter un nouveau texte » et que « Pour tous les délits mineurs, faisant encourir de petites peines, le projet prévoit un dispositif plus léger que la garde à vue, précise la ministre. Il n'est pas nécessaire par exemple de placer en garde à vue une mère de famille qui a dérobé un paquet de corn-flakes dans un supermarché. Si la personne est d'accord, qu'elle ne risque pas de s'enfuir ou de faire disparaître des preuves, l'audition libre peut suffire. On limitera donc la garde à vue aux infractions susceptibles d'être sanctionnées d'une peine de prison. »

Manifestement et sauf autocensure de la part de la journaliste, la Ministre semble ne pas connaitre la position prise par la Cour de Cassation sur le sujet. Les magistrats sont arrivés à la conclusion que le conseil (l’avocat) ne peut être écarté de façon générale, ce qui reviendrait à faire en sorte que plus les faits sont graves moins le gardé à vue serait défendu. Mais surtout ils s’en sont pris à la misère de l’audition libre car la possibilité pour le prévenu de rencontrer son conseil n’est pas prévue dans ce cas-là.

La Ministre a également parlé des moyens qu’elle a prévu « de multiplier par cinq » pour les crédits d’aide juridictionnelle pour faire face aux frais de la présence des avocats en garde à vue. Elle ajoutait que « pour l'organisation, les barreaux devront assumer. Les avocats ont réclamé cette réforme, donc ils devront faire en sorte d'organiser des permanences de jour, de nuit et les jours fériés ». Nul doute que si les barreaux s’organisent aussi bien que Madame la Ministre le fait pour prendre en compte des remarques de la Cour de Cassation nous allons au devant de nouveaux problèmes  pour les prévenus.

Le secret de l’instruction revenait sur le tapis. Elle affirmait : « Dans la réforme de la procédure pénale, nous ferons sauter le secret de l'instruction, mais le secret professionnel, lui, continuera d'exister ». Tout d’abord de quel secret parlait-elle ? De celui qui nous intéresse, celui du prévenu, celui qui le concerne directement, celui qui concerne son accusation. Car le secret de l’instruction du prévenu c’est l’équivalent de la garde à vue pour le prévenu laissé en liberté; c’est la chasse à l’aveu, cette chasse organisée par l’article 114 du Code de Procédure Pénale et le labyrinthe administratif qu’elle impose. Magistrats et conseils ont déjà tirés le signal d’alarme sur l’ambiguïté que certains auront de se retrancher derrière le secret professionnel pour maintenir le secret d’une certaine instruction.

Elle a également défendu les principes de la réforme de la procédure pénale dont on ne sait pas grand-chose aujourd’hui. « Le juge d'instruction est en contradiction avec les principes européens, explique-t-elle. Celui qui mène l'enquête ne peut pas être aussi celui qui juge l'enquête. Dans le système que nous proposons, l'enquête sera dirigée par le procureur. Mais la défense et les parties civiles pourront contester toute action ou refus du procureur en saisissant un juge de l'enquête et des libertés ». Si la deuxième phrase est correcte, à savoir que celui qui juge ne peut pas être juge et partie, la Ministre fait un lien abusif avec le juge d’instruction pour justifier une décision controversée sur le rôle qui serait dévolu au Procureur dans l’enquête. Son rôle à charge ou à décharge pourrait être revu. Le combat entamé par de nombreux avocats voire même de nombreux magistrats n’est donc pas fini. Certains clament que les procureurs étant à la botte du pouvoir aucune garantie n’est attendue d’une telle révolution de palais (pour ne pas dire du Palais.

Avec cette réforme de la procédure pénale, Madame la Ministre  « se défend de toute tentation d'un système à l'américaine ». Elle parait bien placée pour dire le contraire de ce qu’elle fait. Elle n’en est pas loin, elle n’en prend que ce qui l’intéresse l’amputant de ce qui en fait un outil démocratique. Elle vous force à payer pour vous défendre sans aucune garantie que vous puissiez être remboursé un jour même face aux malversations d’un Procureur (voire l’Internaute de Tours).

Récemment elle s’était exprimée d’un ton est sec au sujet de son homologue de l’Intérieur : « Il a ses idées, j'ai les miennes ».

Nous sommes surpris qu’elle n’en ai pas plus.

 

Mesdames et Messieurs les magistrats doit-on vous dire ce que vous devez faire ?

Par Michel Engelmann le 02 octobre 2010

Suite au jugement de Draguignan qui a relaxé le gendarme qui a tué de sept balles un gitan menotté un autre gendarme va comparaitre devant la justice pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Dans la nuit du 16-17 juillet 2010 un jeune gitan de 22 ans recherché pour un vol de 20 euros, avait été tué par balle lors d'un contrôle dans des circonstances controversées à Thésée-la-Romaine, au terme d'une course-poursuite après un premier contrôle.

L’affaire en soit n’est pas exceptionnelle puisque, pour un motif quoique bien différent, des gendarmes peuvent rendre compte de leurs actes devant la justice, même s’ils peuvent être relaxé pour avoir «  agi conformément à ce qui (leur) a été enseigné ».

Là où l’affaire du Loir-et-Cher prend une tournure différente de celle de Draguignan c’est par l’annonce faite par le Ministre de l’Intérieur à savoir : « Je tiens à manifester publiquement mon soutien moral et matériel à ce militaire aujourd'hui dans l'épreuve, à sa famille ainsi qu'à ses 97.000 camarades de la gendarmerie nationale ».

Que veut donc nous dire Monsieur le Ministre ? Doit-on prendre son « soutien moral et matériel » comme une garantie que quoi qui se passe le brave gendarme a son présent et aura son avenir assuré ? Doit-on comprendre que Monsieur le Ministre prend cet engagement en regardant les 97000 autres gendarmes et sa famille à témoin ?

Ou bien doit-on comprendre que Monsieur le Ministre indique clairement que là aussi le gendarme «  agi conformément à ce qui (lui) a été enseigné ».

Gageons que la hiérarchie sera sur place et que les juges se sentiront à libre d’exercer la Justice !

Monsieur le Ministre vous a mis en mauvaise posture Mesdames et Messieurs les Juges.

Les Procureurs Courroye et Varin : une lecture de la procédure pénale pour protéger le système !

Par Michel Engelmann le 29 septembre 2010

Ce que nous pension se déroule sous notre nez : que ce soit pour une « raison d’Etat » ou pour une raison « provinciale » les Procureurs de la République n’ont aucune hésitation à travailler en « secret ». Dans un cas cela viole les garanties démocratiques dans notre pays, dans l’autre cela nuit à l’application des fondamentaux de la démocratie au niveau des citoyens.

Raison d’Etat :

Dans l’affaire Bettencourt le Procureur Courroye est bien décidé à garder la main sur le dossier malgré l’avis du Procureur Nadal qui « recommandé la saisine d'un juge d'instruction pour poursuivre les investigations, actuellement conduites par M. Courroye ».

Largement accusé de collusion avec le pouvoir politique le Procureur Courroye avait fait savoir le 21 juillet 2010 qu’il n’était pas « homme à céder aux pressions ». Il est donc bien décidé à conduire cette affaire dans le secret de son instruction.

L’inquisition du magistrat se voudrait ici protectrice du pouvoir. De fait elle le dessert autant sinon plus qu’elle le sert en entretenant un doute sur une « cachotterie » d’Etat !

Raison provinciale :

Dans l’affaire du policier de Tours, armurier de son état, le fonctionnaire a été suspendu de ses fonctions pour « avoir vendu deux fusils de chasse stockés dans une armurerie du commissariat. Ils ne proviennent pas de scellés où sont regroupés tous les objets saisis lors des enquêtes judiciaires mais d'un dépôt annexe où sont rangées des armes, dont beaucoup de vieux fusils de chasse, en attendant d'être détruites » nous rappelle la NR du 22 septembre 2010.

Le procureur de Tours, Philippe Varin, a estimé que « l'affaire était suffisamment claire pour ne pas justifier l'ouverture d'une information avec mobilisation d'un juge d'instruction. Des poursuites seront engagées. »

Là encore le secret de l’instruction règne comme si l’affaire ne concernait que la police. Si des armes ont été volées puis vendues dans une brocante c’est qu’il y avait un receleur !

Le pouvoir inquisitoire du magistrat va donc permettre de régler « en famille » une nouvelle affaire policière qui touche une ville largement atteinte par une véritable délinquance policière.

Morale :

Le plan sécuritaire qui se renforce de plus en plus semble être conçu pour protéger le système en place plus que pour protéger les citoyens de tous les abus dont ils sont spectateurs.

Loi : montrez-moi ce visage que vous ne devez pas cacher !

Par Michel Engelmann le 19 septembre 2010

Nombre de quotidiens ont l’annonce facile et décrivent le projet de loi voté par le Sénat comme la loi Anti burqa.

Sans que ce soit de notre part un soutien à ce projet qui de toute façon verra le jour après le vote du parlement qui ne peut être que positif il est important de noter que ce projet voté par le parlement s’intitule simplement : « PROJET DE LOI interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public ».

Dans son Article 2, après une définition de l’espace public, on lit :

« L'interdiction prévue à l'article 1er ne s'applique pas si la tenue est prescrite ou autorisée par des dispositions législatives ou réglementaires, si elle est justifiée par des raisons de santé ou des motifs professionnels, ou si elle s'inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles ».

Par chance sont exclus du projet sans que cela soit exhaustif, outre carnaval, les cosmonautes, les hommes bulles, les démineurs les policiers et gendarmes en opérations.

Par contre les casseurs, en plus des porteuses de burqa, ont des soucis à se faire. Tout le monde ne sera pas sur un pied d’égalité dans les manifs.

TGI Orléans-Tours : quand on veut tuer le Juge de Maillard il faut oublier le Juge Michaud !

Par Michel Engelmann le 09 septembre 2010.

Est-ce que le TGI d’Orléans-Tours se spécialise dans les mesures « d’ordre interne » ou bien est-ce que les Présidents des TGI de Tours et d’Orléans souhaitent renforcer leur Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale respectif ?

De Maillard et Michaud opéraient comme vice-président/président du tribunal correctionnel de leur TGI respectif.

Dans les deux cas se sont deux conceptions de la justice qui se sont opposées aux nouveaux présidents. Les deux « indépendants » plaçaient l’éthique et l’indépendance du juge avant le résultat. Ils plaçaient les preuves comme le seul élément indiscutable à la recherche de la vérité.

De Maillard a probablement succombé de ses relations tendues avec sa nouvelle hiérarchie voire de ses  écrits qui auraient suscités de l’intérêt, même à droite. Aujourd’hui on peut se demander si c’était de l’intérêt ou de l’attention !

Michaud a probablement subi le coup de grâce de l’affaire de l’Internaute de Tours. Sur la base des preuves qu’il avait entre les mains en septembre 2009 il a relaxé l’Internaute contre lequel des policiers et le Procureur de la République s’acharnaient depuis 3 ans. Il a clairement sifflé la fin de « la partie » en indiquant que ce harcèlement atteignait la limite des libertés individuelles.

Ce sont ces décisions de mise au placard prises en toute sérénité avec l’adoubement du « pouvoir politique » que rend possible notre code de l’organisation judiciaire qui signent une nouvelle fois l’absence de garantie quant à  l’indépendance des juges.

Quand on veut tuer de Maillard il faut mieux oublier Michaud car ainsi on en fait un fait divers.

Grenoble : allons-nous poursuivre la course vers encore plus de sécuritaire ?

Tout va dépendre du courage des trois juges !

Par Michel Engelmann le 08 septembre 2010.

Ce n’est pas la première fois que les policiers, par le biais de leurs Syndicats, pointent du doigt des magistrats qui prennent des décisions non conformes à leur volonté. Ils sont  encouragés en cela par les propos de leur ministre de tutelle qui a depuis peu a transformé le « tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit montré qu’il est coupable » en « présumé coupable » d’une stratégie entièrement sécuritaire.

Une nouvelle fois les policiers montent au créneau avec le placement sous contrôle judiciaire d’un prévenu accusé de «tentative d'homicides volontaires» après la fusillade du casino d'Uriage. Ils auraient aimés le voir en détention. Pour y parvenir ils veulent dicter leur volonté aux magistrats de Grenoble. Les hommes du pouvoir sont déjà venus à leur rescousse. Le Ministre de l’Intérieur en clamant « son indignation » et la Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, en demandant au Parquet d’interjeter appel.

Nos trois juges sont désormais devant un choix. Tout d’abord sauver leur peau c'est-à-dire revenir sur la décision du juge en placer le prévenu en détention préventive. A part le juge qui aura fait esclandre tout le monde restera à sa place. Ensuite désobéir en confirmant la sentence première et déplaire aux « puissants ».

Toute désobéissance est punie de nos jours une « promotion » aux affaires sociales de la Sécurité Sociale (Juges de Maille d’Orléans et Juge Michaud de Tours).

Le jugement du 09 septembre sera annonciateur de pertes ou de gains de valeurs dans notre démarche démocratique.

 

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