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Garde à vue : gare à
nous !
Par Michel Engelmann le 01 février 2010
Avec
900000 gardes à vue désormais avouées par notre Ministère de
l’Intérieur nous voilà rassuré. Moins de 1,5% d’entre nous, enfants
compris, sommes passés par la Garde à Vue en 2009. Si on supprime les
enfants et les adolescents le score peut atteindre 2,5%.
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Il est étonnant de voir au même moment le
sondage CSA nous dire à quel point nous aimons notre police. Les
« sondeurs » ont certainement exclu ces 900000 là de leur panel
de sondage.
Le thème de la garde à vue fait recette. Tout le
monde réagit où presque.
Les « avocats »
ont sonnés la charge par l’intermédiaire du Bâtonnier de Paris. Ils ont
même mis à la disposition des prévenus des formulaires de dénonciation de
la garde à vue.
Les magistrats s’y mettent également. C’est ainsi que
le Procureur Général de Paris pose la question d’une façon étrange :
« La garde à vue un
enfer ? ». Il nous montre ainsi que l’on
est toujours mieux placé pour commenter lorsque l’on ne subit pas.
Le Sénat avait jeté quelques forces dans la
« bataille » et publie un rapport comparatif
des différents systèmes de gardes à vue au sein de l’Union Européenne.
Pour une fois, ceux qui ont largement contribués à
atteindre le score de 900000 gardes à vue dans notre pays sont sans
voix ; je veux dire les syndicats de Police, prompt habituellement à
réagir sur tout ce qui concerne les policiers.
Donc, face au débat qui s’ouvre sur la garde à vue il
ya au moins l’unanimité sur le fait qu’elle est indispensable. Après le
coup de sifflet du Premier Ministre il semble aussi y avoir l’unanimité
sur le fait qu’elle ne doit pas être une pratique courante. Reste donc à
s’entendre sur le Pourquoi, quand et comment car on sait déjà ou. Pour le
qui il faudra vraiment être vigilant Mesdames et Messieurs les
parlementaires.
Mais au fait, qu’en pensent nos policiers ?
Les vieux, les « Gros minets », nous dirons
que cette jeune génération de policiers issus du rang ne connaissent rien
aux lois ni aux procédures et que le travail de fond ne va pas être
facile. Tous sans exception nous dirons que face à l’agressivité et au
manque de respect concernant le secret d’une instruction à ses débuts,
avec les avocats il n’y aura pas d’enquête possible sans garde à vue. Il
y a bien deux choses qui sont inacceptables. D’une part le nombre des
gardes à vue. D’autre part les dérives d’un petit nombre de gardes à vue.
Ce petit nombre n’est malheureusement pas suivi de sanctions et cette
impunité génère inévitablement d’autres abus.
J’allais oublier : dans son rapport d’enquête le
Sénat ne nous dit pas quels ont été les scores de nos voisins de l’Union
Européenne en 2009 concernant la garde à vue.
Ce
serait important pour savoir enfin s’il y a eu abus où non chez
nous !
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Garde
à vue : non Madame la Ministre ce n’est pas une révolte, c’est
presqu’une révolution !
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Par : Michel Engelmann le 07
février 2010
Pour
que des magistrats agissent de concert et annule des gardes à vue ce
weekend du 06 février il aura fallu une certaine prise de conscience et
la ferme volonté de ne plus se placer sous la loi nationale mais de
prendre le ferme engagement de protéger les Droits de l’Homme. C’est
presqu’une révolution alors que ce qui caractérise les deux principaux
interlocuteurs sur le sujet sur cette même période, la Ministre de la
Justice et le Ministre de l’Intérieur, c’est de vérifier l’efficacité de
la Poste en s’envoyant des courriers peu aimables.
Alors
que la Ministre de la Justice rappelait à son collègue de l’Intérieur que
c’est elle et les parlementaires qui « disent les lois » et que
ce dernier lui répondait qu’elle avait quelques cheveux à se faire,
quelques magistrats troublions indiquaient que ce sont eux qui appliquent
les lois et, en l’occurrence, « font la loi » par les décisions
qu’ils prennent et la jurisprudence qu’ils créent.
Le tribunal correctionnel de Paris a
donc annulé cinq gardes à vue ces derniers jours. Le plus insolite, pour
ne pas dire comique par respect, c’est que ce n’est pas dans n’importe
quelle affaire. Il s’agit d'une agression présumée contre des agents de
police. Le motif ? Les avocats des prévenus n'avaient pu exercer
pleinement les droits prévus par la convention européenne des droits de
l'Homme. Nous voilà revenu au cœur du débat entre nos deux Ministres.
Selon diverses sources plusieurs juridictions de première instance,
notamment à Bobigny, ont déjà annulé des gardes à vue dans lesquelles le
mis en cause n'avait pas pu avoir accès à un avocat dès le début de la
mesure de privation de liberté.
Taquins
nos magistrats qui rappellent ainsi nos deux Ministres d’Etat à leur dur
labeur ?
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