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A l’attention de Mesdames
et Messieurs les Sénateurs de la Commission des Lois
Paris le 13 septembre 2010
REDEFINIR LE SECRET DE
L’INSTRUCTION POUR LE PREVENU : modification de l’Article 114 du Code de
Procédure Pénale.
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Après avoir sollicité sans beaucoup de succès les députés et
sénateurs d’Indre et Loire puis les Députés de la Commission des Lois
opojus.com vous sollicite pour que soit entrepris de toute urgence la
modification de l’Article 114 du Code de Procédure Pénale concernant le
Secret de l’Instruction pour le prévenu.
Auditionné en novembre 2006 pour diffusion d’une image
pédopornographique, les preuves qui conduisirent à la relaxe de
l’Internaute de Tours en septembre 2009 étaient sous les yeux du Procureur
depuis le 18 juillet 2007, dans un tableau en première page des annexes du
rapport de l’expert de la gendarmerie. L’image n’y était pas et n’avait
même pas été recherchée. Le Procureur aura convoqué 2 audiences en
correctionnelle (décembre 2008 et septembre 2009) et mobilisé 8 juges et
quatre greffiers. A une époque où les magistrats se plaignent d’un manque
d’effectif et d’une surcharge de travail on ne peut que souhaiter que
l’accès des prévenus aux preuves qui les concernent soit mis en place au
plus tôt et dans des conditions garantissant un accès réel et complet à
l’information.
Dès le 18 juillet 2007, les policiers en la personne du Commissaire
Principal concluaient à la captation de l’image dans le rapport d’enquête
rédigé à la demande du substitut. Le commissaire Principal avait donc noté
que les images que l’on disait avoir découvertes sur les disques durs de
l’Internaute étaient toutes datées de 9 mois après la saisie de ses disques
durs par les policiers. Alors que les policiers enragent de ne pas être
écoutés par les magistrats on ne peut qu’espérer que l’accès des prévenus
aux preuves qui les concernent soit mis en place au plus tôt.
Si la procédure avait été conduite par un juge d’instruction et non
par le Procureur elle aurait été contradictoire. Avec la fin du secret de
l’instruction pour le prévenu la procédure aurait immédiatement mis en
évidence cette « manipulation » honteuse et inacceptable de l’expertise.
Une fois la machine judiciaire lancée il aura fallu 20000 Euros à
l’Internaute pour se défendre et faire réaliser une expertise informatique
qui montra que les preuves qu’on lui mettait à charge étaient le résultat
d’une manipulation évidente et honteuse (144 photos toutes datées de 9 mois
après la saisie de ses disques durs, CD ROM des preuves de l’expert de la
gendarmerie gravé 13 jours après la date annoncée par celui-ci à deux
reprises, photos toutes issues de fichiers de la police et de la gendarmerie,
etc…).
Le mur de l’argent devient de plus en plus le rempart de la justice
et constitue un obstacle à la manifestation de la vérité ! La seule façon
de lever cet obstacle est de lever le secret de l’instruction pour le
prévenu dans le cadre d’une procédure contradictoire du type de celle qui
existe aujourd’hui avec le juge d’instruction.
Nous sommes absolument déterminés à déclencher la révision de cet
article du Code Pénal en saisissant les instances les plus appropriées.
Les actions entreprises à la suite des arrêts de la cour de
cassation de 1994 et 1995 qui conduisirent à la rédaction actuelle de
l’article 114 du Code de Procédure Pénale ne sont pas pleinement conformes
aux termes de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Comptant sur votre écoute je vous prie de croire, Mesdames et
Messieurs les Sénateurs, en l’expression de ma considération respectueuse.
Yves Dumas
Fondateur d'opojus.com
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