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Il y a toujours du nouveau chez les
Roms !
Par Michel Engelmann le 20 octobre 2010
L’affaire
allait bon train après les échanges Reding-Sarkozy avec tous les
intermèdes connus tant à la Commission qu’au gouvernement. Aujourd’hui,
nous venons de l’apprendre, la Commission se dit satisfaite des réponses
de la France et recommande d’abandonner toute action vis-à-vis de notre
pays. Puisqu’en termes diplomatiques ces choses-là sont dites il faut
donc comprendre que les choses en resteront là.
Oubliées
les dernières manœuvres et tout particulièrement celle concernant les
accusations relatives à un fichier Rom. Et pourtant notre Ministre de
l’Intérieur nous garantissait en ignorer la présence avant de brandir un
document attestant de l’existence de quelque chose qui aurait été fait en
1992, donc « pas par nous ». La rapidité avec laquelle la preuve était
brandie en disait long sur la volonté de dire « on y est pour rien, c’est
les autres ! ». Sauf qu’à mettre la main aussi rapidement sur l’objet du
« crime » nombreux auront été les citoyens à penser que notre Ministre
dormait les yeux fermés sur cette bible des Roms.
La
lecture du document est d’ailleurs édifiante. A propos de Roms on nous
brandi un document qui parle de « la
délinquance imputable à certains individus appartenant à la communauté
des gens du voyage … ». Soit les Roms étaient moins populaires en
1992 qu’aujourd’hui, soit il y a erreur sur le sujet. Mais en page 5 du
document « pas par nous » on voit qu’il n’y a pas erreur sur la
population énoncée. On y lit qu’elle est composée « d’étrangers provenant de l’Europe de
l’Est » et plus précisément « tziganes,
bohémiens, yougoslaves, roumains ».
Ce document se réfère en plus à une circulaire n°2000 relative aux
« fichiers des personnes sans domicile ni résidence fixe », ce qui
contredit de toute évidence l’affirmation qu’il n’existe pas de fichier,
même si ce document est de 1973. Toujours en page 5 on peut encore lire
que « près du tiers des 120000
individus figurant au fichier tenu à l’échelon national par la gendarmerie
… » ; donc s’il n’y a pas de fichier on est en droit de se demander
ce qu’est un fichier national tenu par la gendarmerie ?
Il
convient de noter en plus que le texte prévoyait déjà en 1992, dans son
annexe 1, « les conditions
d’applicabilité aux ressortissants d’un des Etats membres de la
communauté européenne ». Même s’il n’a pas été remis à jour il devait
s’appliquer en fonction de l’évolution des accords passés par la France
dans le cadre de l’évolution de l’Union Européenne.
Nous
ne saurons jamais sur quelle base la Commission a décidée de ne pas
poursuivre la France sur ce sujet. Les déclarations de l'officier de la
gendarmerie, en lien hiérarchique direct avec son Ministre, qui
confirmait qu’un tel fichier n’existait pas apporte un autre trouble sur
l’honnêteté de notre Ministre. Elles ne règlent pas plus le problème que
la déclaration de la CNIL qui affirmait très rapidement n’avoir trouvé
aucune base de données dans les fichiers de la Gendarmerie.
A
vouloir saisir la balle au bond pour désigner que l’auteur de ce document
n’est pas le gouvernement actuel notre Ministre aura jeté le doute sur
son utilisation.
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